Liban: au moins 17 morts dans des frappes israéliennes dans le sud et près de Beyrouth information fournie par AFP 28/05/2026 à 22:19
Des frappes israéliennes ont fait au moins 14 morts jeudi dans le sud du Liban, où Israël a étendu sa "zone de combat" contre le Hezbollah pro-iranien, et trois morts près de Beyrouth, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.
L'armée israélienne a annoncé avoir mené une "frappe ciblée" dans la région de Beyrouth, qui, selon une source militaire libanaise à l'AFP, a visé un appartement à Choueifat, une ville en bordure de la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah.
Cette attaque "a fait un bilan final de trois martyrs - une femme et sa petite fille, ainsi qu'un enfant de nationalité syrienne - et 15 blessés", selon le ministère libanais de la Santé.
Un correspondant de l'AFP a vu les deux premiers étages d'un immeuble résidentiel endommagés.
C'est la seconde fois qu'Israël cible une localité tout près de Beyrouth depuis le début du cessez-le-feu, qui n'a jamais été respecté.
Ces dernières frappes surviennent alors que le Liban et Israël doivent tenir vendredi une réunion militaire à Washington, avant une nouvelle session de négociations prévue les 2 et 3 juin. Et en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne au Liban, avertissant mercredi qu'il considérait comme une "zone de combat" le territoire au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.
- "Escalade" -
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a déploré cette "escalade", faisant état du "tir d'environ 670 projectiles mercredi (...) le niveau le plus élevé depuis le 17 avril".
Jeudi, l'armée israélienne a bombardé plusieurs secteurs du sud du Liban, faisant au moins 14 morts, selon les autorités.
Dans la ville côtière de Saïda, une frappe a visé un immeuble résidentiel et fait cinq morts et 21 blessés.
Une autre attaque par drone a été menée contre une voiture circulant sur une autoroute de la même région, tuant six personnes, dont deux enfants et leurs parents.
La Défense civile a par ailleurs fait état à l'AFP de frappes plus au sud, dans la ville millénaire de Tyr et ses environs, après des ordres d'évacuation adressés aux habitants. L'une a touché une moto, tuant deux Syriens, dont un enfant, selon les autorités.
Un photographe de l'AFP a vu à l'aube un épais panache de feu et de fumée s'élever au-dessus de la ville.
L'armée libanaise a de son côté annoncé la mort d'un militaire dans une frappe, "alors qu'il circulait" dans la région de Nabatiyé, plus à l'est.
- "Nous restons ici" -
Malgré les bombardements, Ghazouane Halawani, qui vit à Tyr près d'un immeuble touché par une frappe, ne veut pas quitter sa ville. "Nous restons ici, c'est notre pays, notre terre, notre vie", dit-il à l'AFP.
Le Hezbollah, qui a de nouveau appelé les autorités libanaises à se retirer des négociations avec Israël, a revendiqué jeudi une vingtaine d'attaques, de drones notamment, contre les forces israéliennes qui tentent d'avancer dans le sud.
Il a aussi récemment multiplié les attaques de drones explosifs sur le nord d'Israël, où une soldate a été tuée jeudi, a annoncé l'armée israélienne. Ce qui porte à 24 le nombre de morts dans ses rangs depuis le début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a tiré sur Israël en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.
Depuis le 17 avril, environ 400 drones explosifs ont été lancés contre des cibles israéliennes, selon un responsable militaire israélien.
L'armée israélienne a en outre affirmé qu'"environ 2.500 terroristes du Hezbollah" avaient été tués depuis le 2 mars, dont 800 depuis l'annonce du cessez-le-feu.
Les frappes israéliennes ont elles tué au Liban 3.324 personnes depuis début mars, selon un dernier bilan officiel mercredi.