LFI ou RN: le "choix fondamental" de 2027, selon Mélenchon
information fournie par AFP 01/03/2026 à 18:31

Le fondateur de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon le 1er mars 2026, à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales ( AFP / Ed JONES )

"La décision finale commence à présent." Aux élections municipales dans tout juste 15 jours comme dans un an pour l'échéance présidentielle, le leader de la France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a cherché dimanche, en meeting à Perpignan, à installer un face-à-face entre son mouvement et le Rassemblement national (RN).

"Entre eux, l'extrême droite, les fascistes, les suprémacistes et nous, il va falloir choisir, parce qu'il n'existe rien d'autre de durable, de stable", a-t-il lancé à environ 2.000 partisans, évoquant "un choix politique fondamental".

Il prenait la parole dans la plus grande ville de France tenue par le parti lepéniste pour soutenir le candidat LFI Mickaël Idrac qui défie le maire sortant Louis Aliot. Surtout, il s'exprimait au lendemain d'une réunion de campagne de son président Jordan Bardella dans la cité catalane.

Insistant sur le terme de "suprémaciste", dont il affuble le RN mais aussi au plan international des dirigeants comme Donald Trump ou Benjamin Netanyahu, Jean-Luc Mélenchon a réservé quelques autres flèches à ceux qui, à gauche, refusent toute alliance avec LFI ou y posent des conditions.

Après le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, c'est la patronne des Ecologistes Marine Tondelier qui a demandé dimanche aux Insoumis des "paroles fortes" sur la violence en politique, le respect des institutions ou l'antisémitisme, s'ils veulent un accord entre les deux tours des élections municipales des 15 et 22 mars. Tout en précisant que ce serait "au cas par cas".

Le président du Rassemblement National Jordan Bardella le 26 février 2026, à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

La veille, Jordan Bardella avait appelé la la gauche "dite modérée, si elle existe encore dans notre pays, à rompre définitivement avec LFI".

Le mouvement de gauche radicale est sous le feu des critiques depuis la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque, le 14 février à Lyon, sous les coups d'activistes de l'ultragauche, certains proches du député insoumis Raphaël Arnault.

Et plus encore depuis un meeting de Jean-Luc Mélenchon jeudi dernier dans la même ville, qui a vu redoubler les accusations d'antisémitisme à son encontre, pour avoir ironisé sur la prononciation du nom du criminel sexuel Jeffrey Epstein.

"A Lyon, dans les rues de France, l'extrême gauche a tué (...) Ce drame est le résultat d'un climat de violence méthodiquement construit et installé dans le pays par M. Mélenchon et par ses amis", avait asséné samedi Jordan Bardella.

Jean-Luc Mélenchon a répliqué que les auteurs du meurtre de Quentin Deranque étaient tombés "dans un traquenard" tendu par le groupe féministe identitaire Némésis. Le jeune homme, le jour de l'agression mortelle, assurait le service d'ordre du groupe identitaire lors d'une manifestation contre une conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan.

- "C'était un traquenard" -

Le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting à Perpignan le 1er mars 2026 ( AFP / Ed JONES )

"C'était un traquenard. Quelqu'un crée une provocation pour que d'autres arrivent et qu'il y ait une bagarre. Et dans cette bagarre, il y a eu un mort. Nous avons été victimes d'un traquenard", a martelé le tribun insoumis, appelant dans le même élan à la dissolution de Némésis.

Certains, notamment au centre, voient dans les dernières prises de position de Jean-Luc Mélenchon une stratégie de radicalisation savamment entretenue pour tenter d'affaiblir les autres forces politiques.

"Il y a un plan caché à la France insoumise et au Rassemblement national de s'alimenter les uns et les autres pour se retrouver dans un deuxième tour à l'élection présidentielle", a estimé l'ex-Premier ministre Gabriel Attal, qui prépare une candidature pour 2027.

"Jean-Luc Mélenchon a sombré dans une dérive antisémite évidente qui n'a fait que s'accentuer mois après mois depuis le 7-Octobre" 2023, a jugé pour sa part la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Tout en consacrant une grande partie de son discours à l'affaire Epstein, et aux zones d'ombre que devrait lever une commission d'enquête parlementaire qu'il appelle de ses voeux, le leader insoumis s'est défendu de tout antisémitisme ou complotisme.

"Je ne suis pas antisémite", a-t-il clamé à Perpignan. "Je ne le suis pas pour d'innombrables raisons, et je n'ai pas l'intention d'aller présenter des justifications et des certificats de baptême à je ne sais qui."

Puis à propos d'Epstein: "Cet homme-là n'avait aucune religion, et il n'y a aucun dieu qui puisse se réclamer d'une raclure et d'une ordure pareille".