LFI en première ligne pour soutenir les blocus des lycées malgré les heurts information fournie par AFP 29/09/2026 à 16:23
"Un pied dans l'action, un pied dans les institutions", répète souvent Jean-Luc Mélenchon. Cette devise, les Insoumis se la sont appliquée pour voler au secours des lycéens contestataires et de la jeunesse, leur coeur de cible électoral, malgré les heurts qui peuvent éclater.
Quand le mouvement de protestation est né la semaine dernière, avant de faire la une des médias, ce sont surtout le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko et le député du Val-de-Marne Louis Boyard, très actif auprès de la jeunesse et des mobilisations étudiantes, qui étaient impliqués sur le terrain, en soutien des lycéens.
Suffisant pour que lundi le Premier ministre Sébastien Lecornu dénonce une "surenchère irresponsable" d'élus du mouvement de gauche radicale.
Qu'à cela ne tienne, le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon a aussitôt accusé le locataire de Matignon d'avoir "ordonné la répression" des mouvements de lycéens "avec un arrière-goût raciste évident", alors que les élèves dénoncent un manque de moyens, d'enseignants ou encore de conditions insalubres.
Et le patriarche insoumis d'appeler dans la foulée élus et militants LFI à s'"interposer partout" où ils le peuvent.
Plusieurs députés insoumis, protégés par leur écharpe tricolore, se sont rendus devant des établissements bloqués mardi matin, quand cela virait au face-à-face entre les lycéens et les policiers.
Le député de l'Essonne Antoine Léaument a ainsi été ovationné devant un lycée de Sainte-Geneviève-des-Bois après avoir promis l'abrogation de Parcoursup.
"Nous sommes fiers d'être aux portes des lycées pour défendre nos gamins", a insisté Jean-Luc Mélenchon en milieu de journée.
"Ceux qui tabassent nos enfants, ceux qui frappent, ceux qui insultent, ceux qui laissent libre cours à leur racisme, vont bientôt nous retrouver sur leur chemin. Il n'y aura ni oubli ni pardon pour personne", a-t-il ajouté.
"Caricatures" ou "instrumentalisation" ?
Et ce ne sont pas les accusations de violences de la part des lycéens qui découragent La France insoumise.
LFI dénonce en retour des "provocations" de la part des policiers et balaie le coût des dégradations estimé, à ce stade, à 200.000 euros en Île-de-France, les blessures ayant touché les policiers ou la qualification de "violences urbaines" utilisée par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
"S'il y a des dégradations je les désapprouve et les déplore, mais on ne peut pas résumer cette mobilisation de lycéens qui s'engagent pour des causes justes à quelques situations", a expliqué le coordinateur du mouvement Manuel Bompard, en dénonçant des "caricatures".
"La violence, à un moment donné, peut être légitime", a soutenu pour sa part Bally Bagayoko mardi matin devant le lycée Paul Eluard de Saint-Denis. "Mais chaque fois qu'on peut l'éviter c'est mieux", a-t-il précisé.
Une "provocation directe à la rébellion", a tonné le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau lorsque la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet estimait que quand un élu justifie la violence, "il renonce à sa première responsabilité, celle de protéger".
Pas de quoi faire peur aux Insoumis qui ont plutôt tendance à soutenir la radicalité, et qui sont prompts à soutenir les mouvements de contestation populaire, quand bien même il y aurait des débordements.
Jean-Luc Mélenchon et ses troupes avaient ainsi refusé à appeler au "calme" après la mort du jeune Nahel Merzouk à Nanterre en 2023, préférant appeler à la "justice". Et avaient qualifié de "révoltes populaires" les émeutes qui s'étaient répandues dans le pays pendant une semaine.
Ces blocus devant les lycées touchent par définition une population jeune et souvent scolarisée dans des banlieues populaires.
Un public qui est le coeur de cible de LFI, qui veut s'appuyer sur la jeunesse et les quartiers populaires pour propulser Jean-Luc Mélenchon vers l'Elysée.
Un sondage Ipsos publié il y a deux semaines le donnait largement en tête chez les 18-25 ans, avec 41% des intentions de vote.
Refusant toute "instrumentalisation" politique, la cheffe des députés Mathilde Panot a insisté mardi : "La France insoumise se tient aux côtés des lycéens et des lycéennes parce qu'elle soutient leurs revendications".
Pas suffisant pour convaincre la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. "Derrière ce que fait LFI, il y a la volonté de faire monter le RN, ils se veulent mutuellement comme adversaires (...) Leur objectif c'est la bavure. Les jeunes c'est de la chair à canon électorale pour eux", assure-t-elle.