Les vendanges 2026 s'annoncent moins réduites que prévu, meilleures au Sud qu'au Nord information fournie par AFP 06/11/2026 à 13:56
Les vendanges 2026 en France ne tomberont peut-être pas au point bas historique précédemment redouté : elles s'annoncent finalement supérieures à celles de 2025, selon les dernières estimations, notamment grâce à une récolte meilleure que prévu dans le sud du pays.
La production viticole française s’élèverait à 36,7 millions d’hectolitres (mhl), selon des estimations du ministère de l'Agriculture au 1er novembre, revues à la hausse par rapport à celles d'octobre.
La récolte 2026 serait ainsi supérieure de 3% à celle de 2025, la plus faible enregistrée depuis 1957.
Malgré tout, entre aléas climatiques et arrachages de vignes, elle serait en retrait de 10% par rapport à la moyenne quinquennale de 2021 à 2025.
La révision à la hausse s’explique principalement par des rendements meilleurs que ceux précédemment anticipés en Languedoc-Roussillon et en Charentes, ainsi qu’en Champagne et dans le Sud-Est, indique le service des statistiques du ministère (Agreste).
Ce bilan provisoire montre de fortes disparités entre les bassins du nord et du sud de la France.
Les rendements au nord ont été particulièrement affectés par la sécheresse et une succession historique de canicules cet été.
En Bourgogne et Beaujolais, la production est à -22% sur un an. Le Pinot noir de Bourgogne affiche des pertes dépassant 50%.
En Alsace, la production serait inférieure de 6% à celle de 2025, déjà faible.
En Champagne, l'estimation a été revue à la hausse, mais reste à 38% sous le niveau de 2025 (-36% par rapport à la moyenne quinquennale).
En revanche, la production des bassins méridionaux apparaît supérieure aux récoltes souvent faibles de 2025.
En Languedoc-Roussillon, malgré une diminution des surfaces cultivées, elle augmenterait d'un quart par rapport au très faible bilan 2025 marqué par la sécheresse (+6% au-dessus de la moyenne quinquennale).
Dans le Bordelais comme dans le Sud-Ouest, la production progresserait de 10% et 15% par rapport au niveau très bas de 2025. Même tendance (+7%), mais même hétérogénéité, dans le Sud-Est.
Tendance générale à la baisse
Après trois ans de sécheresses historiques, la moitié Sud du pays a de fait profité cette année de précipitations en fin d'été, mais également de réserves d'eau constituées par les pluies abondantes tombées en hiver et au printemps.
"C'est une année qui fait du bien, qui redonne le moral", disait en octobre à l'AFP Gérard Bertrand, vigneron dans le Languedoc.
"On a eu la chance d'avoir beaucoup d'eau d'hiver. On a eu chaud pendant l'été, mais on n'a jamais eu des températures excessives. Car quand vous avez des températures entre 35 et 36-38°C, la vigne peut s'adapter. Quand vous avez des températures au-delà de 40°C -- ce que nous n'avons pas eu, nous -- la vigne a beaucoup de mal", explique-t-il.
Les viticulteurs du Sud ont aussi développé des pratiques pour mieux s'adapter aux aléas, souligne le secteur, par exemple un maintien du couvert de feuilles pour protéger le raisin.
"Les régions du Sud ont depuis quelques années mis en place des adaptations dans les techniques culturales, la maîtrise de l'enherbement, de l'irrigation, des techniques pour essayer de mieux préserver la vigne des fortes chaleurs... Et ça, c'est assez criant", disait fin octobre à l'AFP le viticulteur héraultais Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, constatant les disparités régionales de cette vendange.
Pour autant, de manière générale, la production viticole française montre depuis plusieurs années une tendance à la baisse, sur fond de crise globale du secteur (difficultés climatiques mais aussi crise du pouvoir d'achat, moindre appétence pour le vin rouge, bataille de droits de douane avec la Chine et les États-Unis...).
Outre le recul des rendements sous l'effet du climat, le pays, désormais 2e producteur mondial derrière l'Italie, voit sa surface viticole se réduire.
Face à la crise, trois plans d'arrachage ont été financés par l'Etat ces dernières années, pour limiter la surproduction et tenter de soutenir les prix.
Le dernier, en cours, porte sur 27.000 hectares, et devrait réduire la surface viticole à 740.000 ha (contre près de 800.000 il y a cinq ans).