Les US et les coutumes information fournie par So Foot 13/06/2026 à 10:30
C'était une entrée en lice hollywoodienne, avec des stars, du mauvais goût et un certain sens du spectaculaire. Les États-Unis ouvraient leur Mondial dans la nuit face au Paraguay, l'occasion d'une démonstration sur le terrain et de pauses fraicheurs sponsorisées par Lay's et des voitures autonomes. Pourquoi? Parce qu'on est en Amérique, bordel, on fait ce qu'on veut.
Il est américain et il aimerait que vous le sachiez, alors il a décidé de laisser quelques indices. D’abord, ses biceps semblent vouloir arracher son t-shirt, il a les muscles bandés comme un arc et le dos gonflé par les journées à la salle, les litres de protéines-shake, les films de The Rock, le skyr au petit déjeuner et les bananes quatorze fois par jour, ce type-là buvait probablement du Hipro au biberon. Ensuite, il porte une moustache, comme l’homme moderne qu’il a décidé d’être, absurde comme la dessinerait un enfant, allongée de tout son long d’une commissure à l’autre, et c’est une certitude, il conduirait à merveille des camions sur la Route 66. L’endroit s’y prête peu : Boston, Massachusetts. Des écureuils pour coyotes, des glands comme rocailles. L’homme a opté pour un pantacourt et, au moment de chanter The Star-Spangled Banner , « La Bannière Étoilée » , l’hymne étatsunien, il a porté sa main au cœur comme si tous ses choix, dans sa vie, l’avaient amené ici, ce soir-là, au summum de son existence : la Coupe du monde de football.
Le lieu s’appelle le Banshee, le « BOSTON #1 SPORT BAR » d’après son site – tout, aux États-Unis, est premier de quelque chose -, un bar irlandais posé au Sud de la ville, dans le quartier d’Uphams Corner – le plus grand, évidemment. On y diffuse de tout, mais surtout des matchs de foot européens, les gens font un peu de route pour venir ici, car on sait de quoi on parle : il y a une reproduction du panneau du tunnel d’Anfield et des maillots encadrés ; John Terry, Cristiano Ronaldo, Lionel Messi, Denis Irwin. Les treize TV que proposent l’établissement éclairent à elles seules la pièce qui irradie d’Amérique : on a branché Fox News, gros plan sur Tom Cruise, Bill Gates et David Beckham, Hollywood, Wall Street et la FIFA réunis, les drapeaux américains et paraguayens grands comme le monde, puis dézoom, trois hélicoptères survolent le stade comme Kubrick filmait Apocalypse Now, le soleil se couche, il est 21h au « pays des libertés » et les États-Unis rentrent dans leur Coupe du mon
Par Théo Denmat, à Boston pour SOFOOT.com
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