Les TPE-PME replongent dans le doute avec la guerre au Moyen-orient, selon Bpifrance information fournie par Boursorama avec AFP 09/07/2026 à 18:44
Les espoirs de rebond économique qu'avaient les dirigeants de TPE et PME pour 2026 ont été largement douchés par le conflit au Moyen-Orient, qui a ravivé les tensions sur les coûts et les approvisionnements, selon une étude de Bpifrance le Lab parue jeudi.
Selon ce 83e baromètre semestriel, près de huit dirigeants sur dix (79%) parmi 4.637 ayant répondu à l'enquête du 5 mai au 18 juin - soit pour la plupart avant qu'un protocole d'accord soit signé entre l'Iran et les Etats-Unis - anticipent un impact négatif du conflit sur leur activité, dont 41% un impact fort.
La hausse des prix du pétrole liée au conflit constitue la principale cause de cet impact, affectant 70% des répondants, devant les perturbations d'approvisionnement et l'augmentation du coût des produits intrants.
L'activité devrait néanmoins évoluer en 2026 sur un rythme proche de celui observé l'an dernier, selon l'enquête.
L'indicateur d'activité gagne cinq points en six mois, mais demeure à -5, très inférieur à sa moyenne de long terme. Les carnets de commandes restent peu garnis, même si l'industrie et les transports enregistrent une amélioration.
A l'inverse, les services et le tourisme devraient connaître une dégradation de leur situation, tandis que le commerce et la construction resteraient atones.
La situation financière de ces entreprises continue par ailleurs de se détériorer : 31% (+1 point sur le semestre) des dirigeants jugent leur trésorerie difficile.
Malgré cela, 84% estiment disposer des ressources suffisantes pour absorber à court terme les conséquences du conflit.
La rentabilité des entreprises devrait néanmoins se dégrader une nouvelle fois cette année, car elles n'ont prévu de répercuter que partiellement les hausses de coûts dans leurs prix de vente.
L'investissement pour sa part demeure peu dynamique, paralysé par la demande faible. Comme en 2025, seuls 38% des dirigeants prévoient d'investir cette année.
En 2026, les dépenses consacrées aux investissements verts ralentiraient. Le solde d'opinion perd 5 points sur un an et bascule en territoire négatif (-4).
Par ailleurs, seulement 13% des TPE-PME affirment avoir déjà réalisé des investissements consacrés à l’adaptation de leur entreprise au changement climatique et 3% l’ont planifié à court terme. Mais 52% n’affichaient durant l'enquête aucune intention de réaliser de tels investissements.
Pour 2027, les perspectives restent moroses. Les dirigeants anticipaient au moment de l'enquête un ralentissement de l'activité et des embauches, à l'exception relative de l'industrie, qui demeure le secteur le plus résilient.