Les recherches du corps de Delphine Jubillar se terminent, analyse des ossements en cours information fournie par AFP 17/07/2026 à 16:52
Après deux jours de fouilles dans le Tarn et la découverte d'ossements à l'endroit où Cédric Jubillar affirme avoir enterré son épouse Delphine fin 2020, le dispositif de recherches a été levé vendredi en fin de journée.
Interrogé par l'AFP, le colonel Jean-Michel Doose, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, a précisé que les fouilles "ne devraient pas reprendre".
Les recherches menées dans une zone située à une dizaine de kilomètres de la maison du couple Jubillar ont permis d'exhumer des ossements là où il affirme avoir enterré son épouse Delphine, infirmière disparue fin 2020.
Les ossements retrouvés sont en cours d'analyse au laboratoire de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise, en région parisienne.
Barrages levés
Le résultat des analyses visant à établir si ces ossements, qui appartiennent au bas du corps selon une source proche de l'enquête, sont bien ceux de Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans disparue en décembre 2020, est attendu "dans un délai relativement court", a déclaré le lieutenant-colonel Stéphane Meyblum, commandant en second du groupement de gendarmerie du Tarn.
Les recherches, démarrées jeudi à l'aube, se sont poursuivies vendredi dans l'espoir de localiser d'autres fragments du corps de la disparue, probablement éparpillés de manière accidentelle lors de travaux agricoles, a précisé une source proche de l'enquête.
Les gendarmes ont levé les barrages autour du site des fouilles, un champ en lisière d'un bois, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Après le coup de théâtre du 6 juillet et les aveux du peintre-plaquiste qui avait toujours nié sa responsabilité dans la disparition de son épouse et mère de leurs deux enfants, Cédric Jubillar a été entendu par la justice et révélé le lieu où il avait dissimulé le corps.
"Soulagement et colère"
Pendant deux jours, le dispositif de recherches a totalisé une centaine de gendarmes, dont une équipe de lutte antidrone, notamment pour boucler le périmètre autour de la RD600 entre les villages de Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère.
Parmi les rares observateurs vendredi, une cousine de Delphine attendait le résultat des recherches. "Je suis là car je ressentais le besoin de voir, de savoir, de comprendre", a déclaré Manon Quincampoix, 26 ans. Elle a dit avoir ressenti "un mélange de soulagement et de colère" quand elle a appris la découverte des ossements.
Mercredi, Cédric Jubillar a été extrait de prison à sa demande et conduit au palais de justice de Toulouse pour donner sa nouvelle version des faits, deux mois avant son procès en appel, programmé pour débuter le 21 septembre devant la cour d'assises de Haute-Garonne.
Il reconnaît désormais avoir commis "un acte abominable", selon un de ses avocats, Pierre Debuisson.
Le 6 juillet, ses avocats avaient révélé un courrier dans lequel il admettait pour la première fois sa "responsabilité" dans la mort de sa femme.
Expliquant les silences et les dénégations de son client pendant plus de cinq ans, Me Debuisson a évoqué, lors d'un entretien avec l'AFP, "un mensonge dans lequel il va s'enferrer, et duquel il aura beaucoup de mal à s'extirper, et en même temps, depuis le début, un besoin et une envie de parler".
Durant l'été 2025, une ex-compagne de l'accusé avait rapporté aux enquêteurs une confidence de Cédric Jubillar, qui lui avait dit avoir étranglé son épouse, avant de transporter, puis de brûler le corps dans un lieu qu'il avait repéré à l'avance.
Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait disparu du domicile du couple en instance de divorce à Cagnac-les-Mines, près d'Albi, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pendant un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Elle s'apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme.
Dans une affaire où les enquêteurs n'avaient pu retrouver le corps, ni obtenir d'aveux ou de preuve formelle, c'est grâce à un faisceau d'indices concordants que Cédric a été mis en examen, renvoyé devant la cour d'assises du Tarn et condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion après quatre semaines de procès.