Les recherches des restes de Delphine Jubillar se poursuivent dans le Tarn
information fournie par AFP 17/07/2026 à 14:49

Des véhicules de la gendarmerie et une pelleteuse sur le site où sont menées des recherches pour retrouver la dépouille de Delphine Jubillar, disparue en décembre 2020, à Villeneuve-sur-Vère, le 17 juillet 2026 dans le Tarn ( AFP / Matthieu RONDEL )

Après la découverte jeudi d'ossements à l'endroit où Cédric Jubillar affirme avoir enterré son épouse Delphine, les gendarmes continuent vendredi de rechercher des restes de Delphine Jubillar, susceptible d'éclairer les enquêteurs sur les circonstances de sa mort.

D'après la gendarmerie, ces précieux indices retrouvés à la lisière d'un bois situé à une dizaine de kilomètres de la maison du couple Jubillar sont en cours d'analyse au laboratoire de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise, en région parisienne, afin d'établir s'il s'agit bien des restes de Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans disparue fin 2020.

Le résultat des analyses sont attendus "dans un délai relativement court", a déclaré à des journalistes le lieutenant-colonel Stéphane Meyblum, commandant en second du groupement de gendarmerie du Tarn.

Les premiers ossements découverts appartiennent au bas du corps, les gendarmes espèrent désormais pouvoir expédier à l'IRCGN d'autres parties du corps de la disparue, probablement éparpillés de manière accidentelle lors de travaux agricoles, a précisé une source proche de l'enquête à l'AFP.

"Les fouilles vont durer plusieurs jours. Il y a encore des constatations à faire", d'après une autre source proche du dossier.

"Soulagnement et colère"

Le dispositif de recherches, comprenant notamment une centaine de gendarmes, dont une équipe de lutte antidrone, est similaire à celui de jeudi, a fait savoir à l'AFP la gendarmerie.

Sur la route départementale RD600, les barrages de gendarmerie interdisent l'accès à la zone de recherche, entre les villages de Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère.

Parmi les rares observateurs, une cousine de Delphine attend le résultat des recherches. "Je suis là car je ressentais le besoin de voir, de savoir, de comprendre", dit Manon Quincampoix, 26 ans. Elle dit avoir ressenti "un mélange de soulagement et de colère" quand elle a appris la découverte des ossements.

Un gendarme monte la garde sur une route barrée menant au site des recherches pour retrouver le corps de Delphine Jubillar, disparue en décembre 2020, à Villeneuve-sur-Vère, le 16 juillet 2026 dans le Tarn ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Le peintre-plaquiste de 38 ans a conduit jeudi les gendarmes en lisière d'un bois entre les villages de Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère, où des ossements -dont deux fémurs, selon un avocat des parties civiles- ont été retrouvés.

Mercredi, Cédric Jubillar a été extrait de prison et conduit au palais de justice de Toulouse pour donner sa nouvelle version des faits, à sa demande, deux mois avant son procès en appel, programmé pour débuter le 21 septembre devant la cour d'assises de Haute-Garonne.

Il reconnaît désormais avoir commis "un acte abominable", selon un de ses avocats, Pierre Debuisson.

Depuis plus de cinq ans et notamment pendant tout son procès devant la cour d'assises du Tarn, à l'issue duquel il a été condamné à 30 ans de réclusion en octobre, il avait nié toute responsabilité dans la disparition de sa femme et mère de leurs deux enfants.

Le 6 juillet, ses avocats avaient révélé un courrier dans lequel il admettait pour la première fois sa "responsabilité" dans la mort de l'infirmière de 33 ans.

Expliquant les silences et les dénégations de son client pendant plus de cinq ans, Me Debuisson évoque dans un entretien avec l'AFP "un mensonge dans lequel il va s'enferrer, et duquel il aura beaucoup de mal à s'extirper, et en même temps, depuis le début, un besoin et une envie de parler".

Durant l'été 2025, une ex-compagne de l'accusé avait rapporté aux enquêteurs une confidence de Cédric Jubillar, qui lui avait dit avoir étranglé son épouse, avant de transporter, puis de brûler le corps dans un lieu qu'il avait repéré à l'avance.

Des gendarmes sur le site des recherches pour retrouver le corps de Delphine Jubillar, disparue en 2020, à Villeneuve-sur-Vère, le 17 juillet 2026 dans le Tarn ( AFP / Matthieu RONDEL )

Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait disparu mystérieusement du domicile du couple en instance de divorce à Cagnac-les-Mines, près d'Albi, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pendant un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Elle s'apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme.

Dans une affaire sans corps, ni aveux, ni preuve formelle, c'est grâce à un faisceau d'indices concordants que Cédric a été mis en examen, renvoyé devant la cour d'assises du Tarn et condamné à 30 ans de réclusion lors d'un procès qui a duré quatre semaines.