Les principales banques centrales adoptent une politique prudente en matière de hausse des taux
information fournie par Reuters 30/07/2026 à 14:25

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* La Fed maintient ses taux inchangés, les rendements à 30 ans s'envolent

* La Banque d'Angleterre maintient également ses taux inchangés, la Banque du Japon doit encore se prononcer

* Cinq banques centrales sont désormais en phase de hausse des taux

par Alun John et Stefano Rebaudo

La vague de ventes qui a secoué le marché obligataire après la réunion de la Réserve fédérale cette semaine met en évidence le défi auquel sont confrontés les décideurs politiques, qui s'interrogent sur les conséquences que la hausse des prix de l'énergie et les répercussions incertaines des progrès de l'IA auront sur leurs économies. La Fed a laissé ses taux d’intérêt inchangés mercredi, alors même que son chef Kevin Warsh s’est engagé sans réserve à faire baisser l’inflation, ce qui a semé la confusion parmi les opérateurs et déclenché une vague de ventes massives d’obligations à long terme.

La Banque d'Angleterre a maintenu ses taux inchangés jeudi, et la Banque du Japon sera confrontée à son propre dilemme vendredi.

Voici où en sont les banques centrales des dix principales économies développées, classées du taux directeur le plus élevé au plus bas.

1/ AUSTRALIE La Banque centrale d’Australie a relevé ses taux d’intérêt à trois reprises cette année pour les porter à 4,35%, le taux le plus élevé du G10, annulant ainsi complètement les baisses de l’année dernière. Elle semble désormais marquer une pause pour un certain temps après que les chiffres de l’inflation publiés mercredi se sont révélés inférieurs aux prévisions , bien que le gouverneur de la RBA affirme que les responsables monétaires sont prêts à relever à nouveau les taux .

Les marchés considèrent qu'une nouvelle hausse est probable d'ici la fin de l'année, mais pas certaine.

2/ NORVÈGE La Norges Bank se réunira à la mi-août. Elle est déjà en mode « hausse » après une décision surprise prise en mai pour freiner les pressions inflationnistes alimentées par la guerre en Iran, mais elle a laissé ses taux inchangés à 4,25% le mois dernier. Le mois d’août s’annonce comme une période de statu quo après le ralentissement de l’inflation sous-jacente en juin , favorisé par la baisse temporaire des cours du pétrole.

3/ ROYAUME-UNI La Banque d’Angleterre a maintenu jeudi ses taux d’intérêt inchangés à 3,75%, comme prévu, mais un tiers de ses neuf membres chargés de la fixation des taux s’est prononcé en faveur d’une hausse.

Les autres ne semblent toutefois pas pressés de relever les taux, s'en tenant à l'approche attentiste du gouverneur Andrew Bailey, qui espère ainsi éviter que l'inflation ne dépasse trop largement son objectif de 2% cette année.

4/ ÉTATS-UNIS Une Fed divisée a laissé les taux inchangés mercredi et Warsh a refusé de donner le moindre indice sur l’orientation future des taux. Ce manque de clarté a renforcé les inquiétudes des investisseurs quant à la nécessité pour la Fed de prendre des mesures supplémentaires pour maîtriser l’inflation et a accentué la pente de la courbe des taux obligataires américains , les rendements à 30 ans atteignant leur plus haut niveau depuis 19 ans.

Le président Donald Trump, qui a personnellement choisi Warsh et l’a qualifié de « brillant » à l’issue de la réunion de la Fed, n’a jamais caché par le passé son souhait de voir les taux baisser.

5/ NOUVELLE-ZÉLANDE La Banque centrale de Nouvelle-Zélande a relevé son taux directeur à 2,5% au début du mois de juillet, sa première hausse en trois ans. L'inflation du deuxième trimestre ayant atteint son plus haut niveau depuis deux ans et demi, les marchés s'attendent à ce que la RBNZ procède à un nouveau resserrement en septembre, puis à un autre d'ici la fin de l'année.

6/ ZONE EURO La Banque centrale européenne a laissé ses taux inchangés la semaine dernière et les opérateurs tablent toujours sur deux nouvelles hausses d’ici début 2027.

La présidente Christine Lagarde a laissé la porte ouverte à une hausse des taux en septembre, qui viendrait s’ajouter à celle de juin, ce qui a maintenu le taux de dépôt à 2,25%. La zone euro est vulnérable à la hausse des prix de l’énergie, mais les données publiées jeudi ont montré que son économie avait progressé plus rapidement que prévu au dernier trimestre, la forte progression des investissements dans l’IA et l’abondance des dépenses publiques ayant contribué à compenser l’effet négatif des coûts énergétiques élevés.

7/ CANADA La Banque du Canada a, ce mois-ci, maintenu son taux directeur inchangé pour la sixième réunion consécutive, à la suite d’un cycle d’assouplissement agressif mené l’année dernière qui avait ramené le coût de l’emprunt à 2,25% en octobre 2025.

Ses perspectives en matière de taux dépendront en grande partie des prix de l’énergie et de l’évolution des relations commerciales avec les États-Unis, qui constituent les deux principaux risques pesant sur les perspectives d’inflation.

8/ SUÈDE La Riksbank suédoise se positionne dans le camp des « colombe » et a maintenu en juin son taux directeur inchangé à 1,75%.

Le mix énergétique suédois, exempt de combustibles fossiles, a atténué l’impact de la hausse des prix du pétrole sur l’inflation, même si les marchés anticipent une hausse des taux d’ici la fin de l’année.

9/ JAPON La Banque du Japon devrait maintenir ses taux inchangés à 1% vendredi. Après avoir relevé ses taux en juin, une deuxième hausse consécutive serait inhabituelle.

Mais compte tenu des pressions inflationnistes croissantes liées à la guerre au Moyen-Orient, à la faiblesse du yen et à la forte demande mondiale en IA, les investisseurs seront attentifs au ton « hawkish » que tiendra le gouverneur Kazuo Ueda lors de sa conférence de presse.

Un ton accommodant pourrait peser sur le yen, qui se négocie déjà à son plus bas niveau depuis environ 40 ans face au dollar.

FRX/

10 / SUISSE Le taux directeur de la Banque nationale suisse s’établit à 0%, le plus bas parmi les marchés développés, mais une orientation inchangée de la politique monétaire pourrait s’avérer suffisante pour maîtriser l’inflation, alors que la BCE s’est engagée dans un cycle de resserrement.

Tout en reconnaissant les risques d’inflation liés à la hausse des prix de l’énergie, les responsables ont estimé lors de leur dernière réunion que l’inflation ne devrait pas dépasser rapidement l’objectif de 2%.