Les péronistes en Argentine cherchent à coaliser le mécontentement contre Milei
information fournie par Reuters 27/05/2026 à 15:45

par Nicolás Misculin

Le mouvement péroniste, disparate et divisé entre factions rivales, a entrepris de rassembler une large alliance d'opposants à Javier Milei en vue de l'élection présidentielle de 2027 en Argentine en espérant profiter de la baisse de popularité du chef de l'Etat.

Axel Kicillof, gouverneur de la province de Buenos Aires et chef local du parti péroniste Justicialista, a déclaré à Reuters que des discussions étaient en cours pour former une coalition péroniste susceptible d'être élargie à d'autres adversaires de Javier Milei, dont la politique de lutte contre l'inflation et de libéralisme économique débridé s'est traduite par des mesures d'austérité radicales.

La défaite de l'opposition péroniste lors des élections législatives de mi-mandat en octobre dernier, qui ont conforté Javier Milei, a mis en évidence les faiblesses d'un mouvement fracturé et la concurrence entre ses différents représentants, contraints d'engager une réflexion sur une stratégie à même de les ramener au pouvoir.

Face au président sortant, qui a laissé entendre qu'il solliciterait un second mandat, l'opposition n'a pas encore désigné ses candidats. Axel Kicillof et Sergio Massa, ancien ministre de l'Economie lié au mouvement péroniste vaincu par Javier Milei en 2023, font figure de prétendants crédibles.

Certains sondages montrent que le scrutin pourrait être périlleux pour le chef de l'Etat. Selon l'un d'eux, réalisé en mai par Opina Argentina, le parti de Javier Milei, La Liberté avance (LLA), et le camp péroniste seraient à égalité.

L'institut Trespuntozero a pour sa part indiqué que 42% des électeurs se disaient certains ou enclins à voter pour Axel Kicillof, contre 34% pour Javier Milei.

MILEI PÉNALISÉ PAR LES PROBLÈMES DE POUVOIR D'ACHAT

Le péronisme est désormais essentiellement associé à Cristina Kirchner, elle-même ancienne présidente et qui purge une peine de six ans de détention à son domicile à Buenos Aires pour corruption.

Son mandat a été marqué par des dépenses publiques massives jugées responsables de la flambée de l'inflation, qui s'est ensuite aggravée sous la présidence d'Alberto Fernández, dont elle était vice-présidente.

Selon Opina Argentina, 39% des électeurs ont une image positive de Javier Milei, dont la cote de popularité, qui était de 53% il y a plus d'un an, a pâti de scandales de corruption au sein du gouvernement et d'un pouvoir d'achat encore plus ralenti que l'inflation.

Axel Kicillof, classé au centre gauche, est crédité de 43% et Sergio Massa de 33%.

Les discussions entre péronistes risquent d'être compliquées par les tensions régulières au sein de ce mouvement hétéroclite rassemblant des personnalités aussi bien de gauche que de droite. Mais la volonté de battre Javier Milei pourrait "agir comme une incitation pour tous les acteurs à mettre de côté certains de leurs intérêts et à se rassembler au sein d'une coalition", dit Facundo Nejamkis, d'Opina Argentina.

La campagne pour l'élection présidentielle d'octobre 2027 devrait démarrer en août, après la Coupe du monde de football et les vacances d'hiver en Argentine.

(Nicolás Misculin, rédigé par Leila Miller, version française Bertrand Boucey, édité par Benoit Van Overstraeten)