Les péages taxés à plus de 50%? Les sociétés d'autoroutes enragent face au projet de budget 2027 information fournie par Boursorama avec Media Services 29/09/2026 à 18:48
Le gouvernement compte engranger 1,4 milliard d'euros grâce à la "taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance" (TEITLD) l'an prochain, contre 600 millions d'euros en 2026.
L'alourdissement de la taxation sur les bénéfices des sociétés concessionnaires, proposée par le gouvernement pour 2027, va porter à plus de 50% les taxes sur les péages d'autoroutes, a déploré mardi 29 septembre l'organisation professionnelle du secteur.
L'annonce a été faite par le gouvernement lundi soir. Le projet est de rendre progressif et de porter jusqu'à 12,2% le taux d'une taxe, en vigueur depuis 2024 avec un taux unique de 4,6%, sur les bénéfices des entreprises concessionnaires d'autoroute ou exploitantes d'aéroports.
Alors que le rendement de cette "taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance" (TEITLD) avoisine aujourd'hui 600 millions d'euros par an, le gouvernement vise 1,4 milliard d'euros.
"Les sociétés concessionnaires d'autoroutes dénoncent avec la plus grande fermeté" ce projet, a écrit dans un communiqué l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (ASFA), deux jours avant la présentation du projet de budget 2027 en conseil des ministres.
Une "fiscalité stable" remise en cause?
Cette organisation regroupe tous les grands du secteur, dont des filiales de Vinci ou Eiffage. D'après l'ASFA, cette hausse de la fiscalité "ferait passer la part des impôts, taxes et redevances prélevés par l'État sur les recettes de péage au-delà du seuil des 50%".
"Aujourd'hui, cette part est déjà de 45%. Sur les 600 millions d'euros que rapporte la taxe, les sociétés d'autoroute paient plus de 500 millions. Si le projet aboutit, et si la taxe rapporte 1,4 milliard d'euros, on dépassera 50%", a expliqué à l'AFP le délégué général de l'ASFA, Christophe Boutin.
"C'est incompréhensible, parce qu'un accord signé en 2015 avec l'État prévoyait une fiscalité stable. Si l'État modifie unilatéralement les conditions des concessions, cela revient à déséquilibrer l'économie des contrats", a-t-il ajouté. Cet accord, mettant fin à un différend sur les tarifs des péages, avait été signé en avril 2015 par le jeune ministre de l'Économie Emmanuel Macron.