"Les pays européens sont tout à fait capables de défendre" le Groenland, assure Jean-Noël Barrot information fournie par Boursorama avec Media Services 15/01/2026 à 17:30
"La sécurité de l'Arctique est indissociable de la nôtre, de la sécurité européenne", a estimé le ministe.
L'Europe et ses alliés de l'Otan sont "tout à fait capables" de défendre le Groenland, où l'Union européenne a "une responsabilité stratégique", a estimé jeudi 15 janvier le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot lors d'un point presse avec son homologue lettone.
"La sécurité de l'Arctique est indissociable de la nôtre, de la sécurité européenne", a également estimé Jean-Noël Barrot en déplacement à Riga, la capitale de la Lettonie. "Nous sommes en soutien et en solidarité avec le Danemark comme nous souhaiterions pouvoir compter sur le soutien et la solidarité du Danemark, si nous nous trouvions aujourd'hui dans la même situation", a-t-il ajouté.
Dans un contexte inédit de tensions transatlantiques au sein de l'Otan et pour répondre à la volonté réitérée de Washington de prendre le contrôle du Groenland , les Européens ont annoncé ces dernières heures l'envoi de troupes sur l'île . Après le Danemark, qui y a dépêché deux avions de transport de troupes, la France, la Suède, l'Allemagne et la Norvège ont déployé du personnel militaire. Paris va envoyer dans les prochains jours des moyens supplémentaires, selon Jean-Noël Barrot.
Le Groenland "est un territoire européen qui est placé sous la protection de l'Otan", a souligné le ministre. "L'Otan, les alliés de l'Otan, les pays européens sont tout à fait capables de défendre leur territoire contre toute menace d'où qu'elles viennent", a-t-il lancé.
En marge de la conférence de presse, le ministre français a souligné que des exercices conjoints avec les autorités danoises ou d'autres pays européens avaient déjà eu lieu dans le passé. "Moi-même, lorsque je me suis rendu au Groenland le 31 août dernier, je me suis rendu à bord d'un bâtiment militaire français qui mouillait au Groenland avant d'aller participer, au côté de la marine suédoise et en lien étroit avec les autorités groenlandaises, à un exercice du même type", a-t-il rappelé.
"Le Groenland n'est pas à vendre"
"C'est aussi notre responsabilité que de participer à ces exercices, qui concourent en quelque sorte à la sécurité de l'Arctique, dont la sécurité européenne est indissociable ", a-t-il ajouté à des journalistes en marge de la conférence de presse.
Interrogé sur les velléités persistantes des États-Unis d'acheter le Groenland au nom de leur propre sécurité, Jean-Noël Barrot a rétorqué : "Le Groenland n'est pas à vendre, puisque de toute évidence il n'y a pas de vendeur. Les autorités danoises et les autorités groenlandaises l'ont dit avec beaucoup de fermeté".
"Et s'agissant des menaces qui ont été évoquées par les Etats-Unis d'Amérique, mon collègue danois a proposé hier avec notre collègue groenlandaise qu'un groupe de travail de haut niveau puisse être créé avec les États-Unis pour partager un diagnostic commun", a-t-il ajouté.
Lors du point presse, il avait salué le dialogue qui s'est engagé entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland à Washington mercredi tout en estimant que "la nature exacte de ces menaces" méritait "d'être déterminée".
La Lettonie, tout comme les deux autres États baltes (Estonie et Lituanie), ex-républiques soviétiques dont la sécurité repose en partie sur le bouclier américain, demeure prudente sur le dossier du Groenland. La cheffe de la diplomatie lettone, Baiba Braze, a insisté sur la nécessité de discuter sur "les bases contractuelles existantes", semblant ainsi défendre la souveraineté groenlandaise. Mais également appelé à prendre en compte "les formats de coopérations" et à "identifier les intérêts communs" aux Américains et aux Européens pour "lever toute ambiguïté".