Les négociations entre les USA et l'Iran reprennent à Genève sur fond de menace militaire
information fournie par Reuters 26/02/2026 à 10:26

(Actualisé avec début des négociations, déclarations de Baghaei §4, contexte, ajoute photo et TV à disposition)

par Olivia Le Poidevin

Des délégations iraniennes et américaines ont entamé jeudi à Genève de nouvelles négociations visant à résoudre leur différend de longue date sur le programme nucléaire de Téhéran alors que le renforcement de la présence militaire américaine au Moyen-Orient suscite l'inquiétude quant à de possibles frappes contre l'Iran.

Steve Witkoff et Jared Kushner, respectivement émissaire spécial et gendre du président des Etats-Unis Donald Trump, participeront aux pourparlers indirects avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi, a dit à Reuters un responsable américain.

Ces pourparlers interviennent après les discussions qui se sont tenues à Genève la semaine dernière et seront menés sous la médiation du chef de la diplomatie d'Oman, Badr Albousaidi.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei a déclaré jeudi que l'Iran abordait ce nouveau cycle de discussions avec "sérieux et flexibilité", ajoutant que les pourparlers porteraient uniquement sur les sujets du nucléaire et de la levée des sanctions américaines frappant le régime de Téhéran.

L'Iran s'est dit prêt à davantage de concessions sur son programme nucléaire dans le cadre de ses négociations avec les Etats-Unis, en échange d'un allégement des sanctions et d'une reconnaissance de son droit à enrichir de l'uranium, dans l'espoir d'éviter une offensive américaine.

Donald Trump, qui a donné le 19 février dernier dix à quinze jours à l'Iran pour trouver un terrain d'entente et a dit envisager une frappe limitée contre la République islamique, a semblé préparer le terrain à une intervention mardi lors de son discours sur l'état de l'Union.

Washington a procédé à un vaste déploiement de forces militaires au Moyen-Orient, le plus important dans la région depuis l'invasion de l'Irak en 2003, après s'être joint à Israël pour frapper des sites nucléaires iraniens en juin dernier.

L'Iran a menacé de représailles en cas de nouvelle attaque.

Si les discussions portent principalement sur le programme nucléaire iranien, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré mercredi soir que le refus de l'Iran d'aborder la question de son programme de missiles balistiques constituait un "problème majeur" qui devrait être résolu tôt ou tard, estimant que ces missiles sont "conçus exclusivement pour frapper l'Amérique" et représentent une menace pour la stabilité régionale.

"Si l'on ne parvient même pas à progresser sur le programme nucléaire, il sera difficile d'avancer également sur celui des missiles balistiques", a-t-il dit à des journalistes.

Les dirigeants iraniens affirment que leur programme nucléaire reste conforme au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qu'ils ont ratifié en 1970. Le TNP autorise les activités nucléaires civiles en échange d'un renoncement aux armes atomiques et d'une coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, est attendu jeudi à Genève pour participer aux négociations.

(Avec Parisa Hafezi à Dubaï, Steve Holland, Patricia Zengerle, David Brunnstrom, Katharine Jackson et Joseph Ax à Washington, Francois Murphy à Vienne; version française Camille Raynaud et Blandine Hénault, édité par Tangi Salaün)