Les infrastructures énergétiques ukrainiennes une nouvelle fois visées par Moscou
information fournie par Reuters 03/02/2026 à 11:32

(Actualisé tout du long)

par Max Hunder

Les forces russes ont attaqué mardi matin Kyiv, Kharkiv et d'autres villes et régions ukrainiennes, portant de nouveaux coups à des infrastructures énergétiques déjà fragilisées, à la veille de pourparlers de paix sous l'égide des Etats-Unis à Abou Dhabi.

Des responsables ukrainiens ont affirmé que la Russie avait déployé 450 drones et plus de 70 missiles lors de cette attaque, qui a blessé au moins neuf personnes et visé des centrales électriques, privant des milliers de personnes d'électricité et de chauffage alors que de vastes zones du pays, dont Kyiv, connaissaient des températures nocturnes avoisinant -20 degrés Celsius.

Ces frappes sont intervenues peu de temps avant l'arrivée en Ukraine du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, annoncée par Volodimir Zelensky qu'il doit rencontrer dans la journée.

"Profiter des jours les plus froids de l'hiver pour terroriser la population est plus important pour la Russie que de recourir à la diplomatie", a dénoncé le président ukrainien sur Telegram.

S'exprimant devant le Parlement ukrainien, Mark Rutte a prévenu que tout accord en vue de la paix nécessiterait de faire des choix difficiles.

Il s'agit de la neuvième offensive russe d'envergure contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes depuis octobre dernier, une campagne qui a poussé le réseau électrique du pays au bord de la rupture et laissé la majorité des Ukrainiens privés de courant pendant une grande partie de la journée.

Le ministre ukrainien de l'Énergie a précisé que l'attaque avait visé huit régions du pays, frappant des immeubles d'habitation et des centrales électriques, notamment celles qui alimentent en eau les systèmes de chauffage centralisés utilisés dans les villes ukrainiennes.

"Des centaines de milliers de familles, dont des enfants, ont été délibérément privées de chauffage dans les conditions hivernales les plus rigoureuses, avec des températures chutant jusqu'à −25 °C", a-t-il écrit sur X.

MORATOIRE

Cette attaque est survenue après un bref moratoire sur les frappes visant les installations énergétiques. La Russie et l'Ukraine ont affirmé la semaine dernière avoir cessé de viser les infrastructures énergétiques de l'autre, tout en divergeant sur la durée de cette trêve.

Le Kremlin a déclaré que le président américain Donald Trump avait personnellement demandé au président russe Vladimir Poutine de s'abstenir de frapper Kyiv jusqu'au 1er février. Volodimir Zelensky a pour sa part estimé que le cessez-le-feu devait durer une semaine à compter du 30 janvier.

L'envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, est attendu à Abou Dhabi mercredi pour deux jours de pourparlers avec les négociateurs russes et ukrainiens, a déclaré lundi un responsable de la Maison blanche.

Le président ukrainien, Volodimir Zelensky, a précisé que la délégation de Kyiv aurait également des entretiens bilatéraux avec les Américains.

À Kyiv, des journalistes de Reuters ont entendu une série de fortes explosions après minuit.

Dans la matinée, les autorités locales ont rapporté que 1.170 immeubles résidentiels de la capitale étaient privés de chauffage à la suite de l'attaque, la rive orientale du Dniepr étant la plus touchée.

Les frappes ont causé des dégâts dans cinq secteurs, atteignant trois immeubles résidentiels et un bâtiment abritant une école maternelle, selon Timour Tkachenko, chef de l'administration militaire de la ville, dans un message publié sur Telegram.

Des flammes ont dévoré un appartement situé dans les étages supérieurs d'un immeuble de Kyiv, montrent des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. L'alerte aérienne est restée en vigueur pendant plus de cinq heures.

Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a déclaré que les attaques avaient visé les infrastructures énergétiques, laissant plus de 800 bâtiments de la ville sans chauffage.

"L'objectif est évident : provoquer un maximum de destructions et laisser la ville sans chauffage par un froid intense", a-t-il écrit sur Telegram.

Le vice-Premier ministre Oleksiy Kouleba a précisé que 110.000 logements à Kharkiv étaient privés d'électricité après l'attaque.

(Gleb Garanich et Valentyn Ogirenko; version française Jean Terzian et Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)