Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient
information fournie par AFP 29/03/2026 à 00:43

Des Houthis brandissent leurs armes lors d'un rassemblement de solidarité avec l'Iran, à Sanaa, au Yémen, le 27 mars 2026 ( AFP / Mohammed HUWAIS )

L'armée israélienne a indiqué dimanche qu'un nouveau missile avait été tiré depuis le Yémen, quelques heures après l'annonce par les Houthis de deux attaques sur Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.

Les systèmes de défense aérienne "sont à l'oeuvre pour intercepter la menace", a indiqué l'armée israélienne.

Le porte-parole des Houthis avait affirmé avant cela que le groupe rebelle avait lancé "des missiles de croisière et des drones" en direction de "plusieurs objectifs vitaux et militaires" en Israël.

Avec deux attaques revendiquées à quelques heures d'intervalle, les Houthis sont intervenus dans la guerre au Moyen-Orient pour la première fois depuis le début de celle-ci le 28 février.

Carte du détroit d'Ormuz. Resserré et peu profond, il relie le Golfe au golfe d'Oman et constitue un point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole ( AFP / Sylvie HUSSON )

Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation: le groupe avait mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

En parallèle, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël et à travers le Golfe.

Le port omanais de Salalah, situé à l'extérieur du détroit d'Ormuz sur la mer d'Arabie, a été évacué après une attaque de drones. Ses opérations ont été suspendues pour 48 heures, d'après l'armateur danois Maersk.

- Universités américaines menacées -

Les dégâts lors de la visite d'un centre de services automobiles touché par une frappe de missile, le 28 mars 2026 dans l'est de Téhéran, en Iran ( AFP / ATTA KENARE )

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé tôt dimanche de frapper les universités américaines dans la région, après avoir fait état de deux universités en Iran endommagées par des frappes américano-israéliennes.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué publié par des médias iraniens.

De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l'université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis avaient condamné avant cela "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani".

Des attaques qui ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad.

- Explosions à Téhéran -

Un nuage de fumée s'élève dans le ciel de Téhéran, le 28 mars 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

A Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues dans la soirée de samedi par des journalistes de l'AFP, dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit d'avant.

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies".

Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines sur le territoire iranien.

D'autant plus avec l'arrivée au Moyen-Orient - annoncée samedi par l'armée américaine - du Tripoli, un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'adresse à la presse à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 avant son départ de l'aéroport du Bourget, près de Paris, le 27 mars 2026 ( POOL / Brendan SMIALOWSKI )

L'annonce est intervenue au lendemain des déclarations du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, qui a estimé que les Etats-Unis pouvaient atteindre leurs objectifs sur l'Iran au cours des prochaines semaines, sans passer par le déploiement de troupes au sol.

Mais Donald Trump entretient depuis plusieurs semaines une certaine ambiguïté sur cette possibilité, et des médias américains ont rapporté ces derniers jours que le président américain envisageait d'envoyer prochainement au moins 10.000 militaires au Moyen-Orient.

- Lourd tribut des civils -

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.