Les hausses de taux sont en vue pour les économies du G10
information fournie par Reuters 18/06/2026 à 14:02

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* La Fed maintient ses taux, mais ses nouvelles prévisions laissent entrevoir une hausse prochaine aux yeux des marchés

* La Banque du Japon relève ses taux à 1%, leur plus haut niveau depuis 31 ans

* La Banque d'Angleterre, la Banque nationale suisse et la Banque de Norvège maintiennent toutes leurs taux inchangés

par Alun John

L'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à leur conflit, ainsi que la baisse des cours du pétrole qui s'en est suivie, constituent une bonne nouvelle pour les banquiers centraux qui craignaient que les coûts élevés de l'énergie n'entraînent des pressions inflationnistes plus générales.

Pour autant, quatre banques centrales de pays développés sont déjà en phase de relèvement des taux, et plusieurs autres, dont la Réserve fédérale américaine, ont déclaré cette semaine qu’elles étaient prêtes à agir si l’inflation venait à s’accélérer.

Voici où en sont les banques centrales des dix principales économies développées, classées du taux directeur le plus élevé au plus bas.

1/ AUSTRALIE

La Banque centrale d’Australie a relevé ses taux d’intérêt à trois reprises cette année, les portant à 4,35%, le niveau le plus élevé du G10, afin de parer à un choc énergétique mondial, annulant ainsi intégralement les baisses qu’elle avait opérées l’année dernière.

Elle a marqué une pause cette semaine , estimant que le resserrement des conditions financières ralentissait l’économie, tout en avertissant qu’elle pourrait procéder à une nouvelle hausse. Les marchés estiment à environ 50% la probabilité d’une nouvelle hausse dans le courant de l’ année.

2/ NORVÈGE

La banque centrale norvégienne a maintenu jeudi ses taux inchangés à 4,25%, mais a déclaré que l’inflation était trop élevée et que les coûts d’emprunt seraient probablement relevés à nouveau plus tard dans l’année.

La Norges Bank avait relevé son taux directeur en mai, et l’inflation sous-jacente annuelle avait atteint de manière inattendue 3,4% ce mois-là.

3/ ROYAUME-UNI

La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux d’intérêt inchangés à 3,75% en juin, comme elle le fait depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, compte tenu du caractère incertain de l’intensité des pressions inflationnistes accrues.

La BoE a déclaré qu’il était trop tôt pour déclarer que la menace inflationniste était écartée, mais seuls deux de ses neuf membres chargés de fixer les taux ont voté en faveur d’une hausse lors de la réunion de jeudi.

Elle s’attend à ce que l’inflation dépasse les 3,25% au dernier trimestre de cette année, contre 2,8% en mai, même si cette hausse est moins importante que celle qu’elle avait prévue en avril dans deux de ses trois principaux scénarios. Les marchés tablent sur au moins une hausse cette année.

4/ ÉTATS-UNIS

Le mandat de Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale a débuté mercredi par un coup de théâtre . Alors que la Fed a maintenu ses taux inchangés comme prévu , les nouvelles projections et les commentaires de M. Warsh ont pris les traders au dépourvu et ont conduit les marchés à anticiper une éventuelle hausse d’ici quelques mois.

La Fed a publié un communiqué de politique monétaire allégé, mais les projections trimestrielles ont révélé que neuf responsables de la Fed anticipent désormais une hausse des taux d’ici fin 2026.

Les marchés estiment qu’il y a de fortes chances pour une hausse des taux en septembre et considèrent qu’une deuxième hausse avant la fin de l’année est plus probable qu’improbable. Cela a provoqué une forte hausse des rendements obligataires à court terme et du dollar.

5/ NOUVELLE-ZÉLANDE

La Banque centrale de Nouvelle-Zélande ne se réunira pas avant début juillet; d’ici là, les marchés jugent probable une hausse du taux actuel de 2,25%, suivie d’autres hausses plus tard dans l’année. 0#NZDIRPR

Elle se trouve dans une situation délicate . L’inflation devrait dépasser largement sa fourchette cible de 1% à 3%, tandis que le taux de chômage atteint son plus haut niveau depuis dix ans.

6/ CANADA

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25% la semaine dernière, estimant qu’il y avait peu de signes indiquant que la hausse des coûts de l’énergie se répercutait sur l’inflation générale.

Elle devrait maintenir son taux inchangé au cours des prochains mois. Les chiffres récents montrent que l’inflation est restée dans la fourchette cible de 1% à 3% fixée par la banque centrale.

7/ ZONE EURO

La Banque centrale européenne a relevé ses taux pour la première fois depuis près de trois ans la semaine dernière, dans l’espoir de freiner l’inflation avant que la flambée des coûts énergétiques provoquée par la guerre en Iran ne se propage plus largement à l’ensemble de l’économie de la zone euro.

Cette décision, largement annoncée, a porté le taux de dépôt de référence à 2,25%. Les opérateurs anticipent une nouvelle hausse de 25 points de base d’ici la fin de l’année.

8/ SUÈDE

La banque centrale suédoise a maintenu mercredi son taux directeur inchangé à 1,75%, comme prévu.

Si la Riksbank a indiqué que la probabilité d’un relèvement des taux plus tard dans l’année s’était accrue, la guerre au Moyen-Orient ayant renforcé les pressions inflationnistes, elle a toutefois souligné que l’inflation sous-jacente restait faible.

9/ JAPON

La Banque du Japon a relevé mardi ses taux à 1%, , un plus haut depuis 31 ans, marquant ainsi une étape décisive dans la normalisation de sa politique monétaire et signalant sa volonté de resserrer davantage sa politique pour maîtriser les pressions sur les prix.

De nouvelles hausses de taux pourraient contribuer à soutenir le yen, qui est faible, même si les taux japonais restent bas par rapport à ceux de la plupart de leurs homologues.

10/ SUISSE

À 0%, la Banque nationale suisse affiche le taux directeur le plus bas du G10, et elle a laissé ses taux inchangés jeudi, affirmant que les pressions sur les prix à moyen terme n’avaient pratiquement pas évolué malgré une récente remontée de l’inflation alimentée par la hausse des coûts des carburants.

Les responsables politiques suisses sont confrontés à la vigueur de leur monnaie, mais ils se montrent réticents à revenir à des taux négatifs et se disent prêts à intervenir sur les marchés pour affaiblir le franc suisse si nécessaire.