Les footballeurs iraniens ont leurs visas américains, nouvel échange de frappes dans le Golfe
information fournie par AFP 06/06/2026 à 06:30

Un maillot de l'équipe de football d'Iran en vente dans un magasin de Téhéran, le 8 mai 2026 ( AFP / - )

Les joueurs iraniens ont obtenu leurs visas américains pour disputer la Coupe du monde de football, au moment même où les Etats-Unis et l'Iran ont échangé de nouvelles frappes dans le Golfe.

L'ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, et le département d'Etat ont annoncé vendredi que les joueurs iraniens et le "personnel d'encadrement nécessaire" avaient obtenu leurs visas pour les Etats-Unis, où ils doivent disputer leurs trois matches du premier tour du Mondial-2026.

L'agence iranienne Fars a toutefois indiqué que "plus d'une dizaine de membres du personnel de soutien" sportif et médical de la sélection s'étaient vu refuser leurs visas, de même que le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, un ancien commandant des Gardiens de la Révolution.

L'Iran a été l'un des premiers pays qualifiés pour le Mondial mais sa participation a été remise en question après le déclenchement de frappes israélo-américaines sur le pays le 28 février. Les incertitudes quant à l'obtention de visas ont forcé la sélection à déplacer son camp de base de Tucson (Arizona) à Tijuana, au Mexique, où elle doit arriver dimanche.

L'Iran disputera son premier match le 15 juin à Los Angeles contre la Nouvelle-Zélande.

Quelques heures après avoir confirmé qu'ils accueilleraient les footballeurs iraniens, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles frappes contre l'Iran, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 8 avril.

Les membres de l'équipe de football d'Iran quittent l'ambassade des Etats-Unis à Ankara après avoir déposé leurs demandes de visa, le 21 mai 2026 ( AFP / Adem ALTAN )

L'armée américaine a "abattu quatre drones (...) lancés en direction du détroit d'Ormuz", qui "représentaient une menace immédiate pour le trafic maritime régional", a écrit sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les forces américaines ont ensuite frappé des sites de radars de surveillance côtière iraniens à Goruk et sur l'île de Qeshm afin de se défendre contre de nouvelles attaques," a ajouté le Centcom.

- Koweït et Bahreïn attaqués -

Selon les Gardiens de la Révolution cités par la télévision d'Etat iranienne Irib, deux tours de communication ont été touchées à Sirik et à Qeshm, île déjà frappée mardi par l'armée américaine.

En riposte, les Gardiens ont dit avoir tiré des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.

Un drone survole la banlieue sud de Beyrouth, le 5 juin 2026 ( AFP / Joseph EID )

Des journalistes de l'AFP dans ces deux pays ont dit avoir entendu des explosions, notamment près de l'aéroport de Koweït, où une attaque attribuée à l'Iran avait fait un mort et une soixantaine de blessés mercredi.

"Nous avons été réveillés par des explosions assourdissantes. Les déflagrations étaient extrêmement bruyantes. Mes enfants étaient terrifiés, et je n'arrivais pas à les calmer", a témoigné Reem, une Egyptienne habitant au Koweït, auprès de l'AFP.

Le Centcom a dit avoir intercepté "plusieurs missiles et drones lancés par l'Iran vers le détroit d'Ormuz et ses voisins du Golfe". Selon lui, six missiles ont été détruits et un a raté sa cible.

Depuis le cessez-le-feu du 8 avril, les hostilités avaient quasiment cessé entre les Etats-Unis et l'Iran. Mais elles ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran.

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé samedi matin, via Irib, que quatre pétroliers avaient tenté de franchir le détroit "illégalement", mais que l'un avait été "ciblé et stoppé" et que les autres avaient rebroussé chemin.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a affirmé dans une interview à la chaîne américaine CNN que "les négociations sont dans l'impasse" pour mettre fin de la guerre.

Il a appelé le président américain Donald Trump à "sortir de cette impasse" en débloquant les 24 milliards de dollars de fonds iraniens à l'étranger gelés à cause des sanctions américaines.

"S'il souhaite parvenir à un accord avec l'Iran, ces 24 milliards de dollars constituent un test de confiance (...) que les Etats-Unis doivent réussir pour que la voie s'ouvre", a-t-il dit. "C'est notre argent à nous, pas celui des Etats-Unis".

- Sommation à l'Iran -

Au Liban, Israël continue de bombarder le sud du pays, avec cinq nouveaux morts recensés vendredi par le ministère de la Santé.

Les dirigeants libanais ont sommé vendredi l'Iran de cesser d'interférer dans les affaires de leur pays, face à l'échec d'une nouvelle trêve annoncée par Washington entre Israël et le mouvement chiite Hezbollah soutenu par Téhéran.

Bombardement israélien près de la forteresse de Beaufort, dans le sud du Liban, le 4 juin 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le président libanais Joseph Aoun à l'adresse de l'Iran.

Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi exhorté l'Iran à cesser d'utiliser son pays comme "moyen de pression" dans les discussions avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"D'après les propos de M. Aoun, on pourrait croire que c'est l'Iran qui a occupé un cinquième du Liban, déplacé un quart des Libanais et bombarde son pays quotidiennement. Si le Liban avait été une monnaie d'échange pour l'Iran, nous aurions conclu un accord depuis longtemps. Sauvez le Liban de votre véritable ennemi, Monsieur le président", a répondu sur X le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.

Le Hezbollah a entraîné début mars le Liban dans la guerre, en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine.

Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le front libanais, avec un retrait des forces israéliennes.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début du conflit, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.