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Les bureaux de votes ont ouvert à 07h00 GMT
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Près de 2,5 millions de votes par correspondance
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La droite et l'extrême droite pourraient s'allier
MADRID, 23 juillet (Reuters) - Les Espagnols ont
commencé à voter dimanche pour des élections législatives
potentiellement serrées qui pourraient déboucher sur une défaite
de la gauche au pouvoir, tandis que le parti d'extrême droite,
allié aux conservateurs, pourrait faire partie d'un gouvernement
de coalition pour la première fois en 50 ans.
Les bureaux de vote ont ouvert à 9h00 (07h00 GMT) et seront
fermés à 20h00, avec les premiers sondages sortie des urnes.
Selon les experts, le résultat final devrait se jouer à moins
d'un million de voix et moins de 10 sièges sur les 350 que
compte le Parlement.
Le président du gouvernement espagnol sortant Pedro Sanchez,
issu du Parti socialiste (PSOE), a convoqué des élections
anticipées après que la déroute de la gauche lors de scrutins
locaux en mai. Son pari de prendre ses adversaires à contre-pied
pourrait cependant se retourner contre lui.
D'après les sondages, les conservateurs du Parti populaire
(PP) d'Alberto Nunez Feijoo devrait l'emporter, mais pour former
un gouvernement, ils devront s'allier au parti d'extrême droite
Vox de Santiago Abascal. Une telle alliance constituerait une
première pour un gouvernement espagnol depuis la fin de la
dictature de Francisco Franco dans les années 1970.
La convocation d'élections en plein été a attisé la colère
de nombreux Espagnols: les services postaux ont annoncé samedi
que le nombre de votes par correspondance avait atteint le
chiffre record de 2,47 millions, des vacanciers ayant choisi de
voter depuis la plage ou la montagne.
"Le scénario du statu quo et d'un Parlement sans majorité
reste une possibilité réelle, avec une probabilité réunie de 50%
selon nous", écrit Barclays dans une note récente, citant la
faible marge de vote en faveur du PP et l'incertitude générale
concernant les sondages et le taux de participation.
Le soutien des petits partis à l'égard d'Alberto Nunez
Feijoo ou de Pedro Sanchez pourrait également peser sur l'issue
du scrutin.
Les socialistes gouvernent actuellement avec le parti
d'extrême gauche, Unidas Podemos, qui se présente aux élections
réuni au sein de la coalition Sumar.
La coalition de gauche a adopté des lois jugées
progressistes sur l'euthanasie, les droits des transgenres,
l'avortement et les droits des animaux et a prévenu les
électeurs que ces droits pourraient être supprimés si le parti
antiféministe Vox, soucieux de préserver les valeurs dites
familiales, faisait partie du prochain gouvernement.
Pedro Sanchez, au pouvoir depuis 2018, a affronté durant son
mandat plusieurs crises, allant de la pandémie de COVID-19 et
ses effets sur l'économie aux conséquences politiques de l'échec
de la tentative d'indépendance de la Catalogne en 2017.
Le chef de file du PP, Alberto Nunez Feijoo, qui n'a jamais
perdu une élection dans sa Galice natale, a joué de sa
réputation, se présentant comme un homme stable et sûr, ce qui
pourrait plaire à certains électeurs, selon les experts.
La formation d'un nouveau gouvernement dépend de
négociations complexes qui pourraient prendre des semaines ou
des mois, voire déboucher sur la tenue de nouvelles élections.
Une telle incertitude pourrait peser sur la présidence
tournante du Conseil de l'Union européenne assurée depuis le 1er
juillet par Madrid, ainsi que sur l'utilisation des fonds de
relance post-COVID de l'UE.
(Reportage Jessica Jones, version française Claude Chendjou
)