Les écologistes gardent Lyon face à Aulas mais perdent la Métropole au profit de LR
information fournie par AFP 23/03/2026 à 02:41

Le maire écologiste sortant de Lyon et candidat à sa réélection, Grégory Doucet (c), célèbre sa victoire au 2e tour des municipales, le 22 mars 2026 à Lyon, dans le Rhône ( AFP / JEFF PACHOUD )

Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a été réélu de peu dimanche au second tour des municipales face à l'ex-patron de l'OL, Jean-Michel Aulas, qui a dénoncé des "irrégularités" et entend déposer un recours.

En revanche, les écologistes perdent la Métropole de Lyon, véritable siège du pouvoir local, où les listes de Véronique Sarselli, candidate LR et alliée de Jean-Michel Aulas, ont obtenu une majorité absolue d'élus.

A Lyon, Grégory Doucet, à la tête d'une coalition de gauche ayant fait alliance avec LFI dans l'entre-deux-tours, l'emporte avec 50,67% contre 49,33% à Jean-Michel Aulas, adoubé par la droite et le centre, soit moins de 3.000 voix d'avance, selon les résultats définitifs.

"Nous saurons être les défenseurs des politiques sociales et écologiques qui ont fait de ce territoire un territoire inspirant, prospère et solidaire", a déclaré Grégory Doucet, ancien humanitaire de 52 ans, à son QG dans la soirée, sous les acclamations de ses supporteurs.

Jean-Michel Aulas, qui a eu 77 ans ce dimanche, n'a pas reconnu sa défaite à ce stade. Evoquant des résultats très "serrés", et "un certain nombre d'irrégularités commises pendant le scrutin", sans autre précision, il a dit vouloir déposer un recours "dès que le dossier sera bien ficelé".

- Admettre "sa défaite" -

La députée LFI Anaïs Belouassa-Cherifi s'est montrée féroce à l'égard de l'ex-patron de l'OL. "Lorsqu'on perd, on admet sa défaite avec honneur et prestance. Ce qu'est en train de faire Jean-Michel Aulas, c'est tout le contraire", a-t-elle taclé.

Le maire écologiste sortant de Lyon et candidat à sa réélection, Grégory Doucet (c), célèbre sa victoire au 2e tour des municipales, le 22 mars 2026 à Lyon, dans le Rhône ( AFP / JEFF PACHOUD )

Au QG du maire sortant, sympathisants et militants avaient explosé de joie dès l'annonce des premiers estimations des sondages. Certains chantaient même "Joyeux anniversaire Jean-Michel!"

Outre la mairie centrale, l'Union de la gauche et des écologistes a remporté les mairies de six des neufs arrondissements de Lyon, contre trois pour les alliés de Jean-Michel Aulas.

Grégory Doucet avait été élu en 2020 dans le sillage de la vague verte. Dès 2023, il avait annoncé qu'il voulait briguer un second mandat à la tête de la 3e ville de France, au demi-million d'habitants.

L'écologiste a mené une politique de végétalisation, de piétonnisation du centre-ville et de développement des pistes cyclables, en lien avec la métropole. Son programme de deuxième mandat a mis en priorité le logement, la santé et la sécurité.

Revenu de très loin dans les sondages, il a su créer une dynamique en fin de campagne pour coiffer sur le fil au premier tour Jean-Michel Aulas (37,4% contre 36,8%).

Le maire a ensuite scellé pour le second tour une "fusion technique" avec la liste LFI (10,41% au 1er tour).

Carte de Lyon montrant la nuance politique des listes gagnantes aux élections municipales 2026 dans chaque secteur, selon les données du ministère de l'Intérieur ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )

Jean-Michel Aulas avait dénoncé cette alliance comme un "accord de la honte", justifiant ainsi son refus de débattre avec son rival dans l'entre-deux-tours.

Très connu mais novice en politique, peu préparé aux joutes électorales, Jean-Michel Aulas avait été mis en difficulté sur la forme et sur le fond lors du seul débat d'avant-premier tour, une contre-performance qui avait terni sa fin de campagne.

- Premier vice-président -

Défait à Lyon, l'ancien homme d'affaires peut se satisfaire d'avoir gagné l'élection métropolitaine avec sa liste Grand Cœur Lyonnais conduite par Véronique Sarselli, comprenant des candidats allant du MoDem à LR en passant par Renaissance et Horizons.

Grand coeur Lyonnais a remportré 92 des 150 sièges du conseil de la Métropole, les listes de Bruno Bernard 49, le RN 5, LFI 3, et une liste divers gauche 1 siège.

Jean-Michel Aulas (c), candidat à la mairie de Lyon, aux côtés de Véronique Sarselli (g) lors d'un meeting de campagne pour les municipales à Lyon, le 10 mars 2026 dans le Rhône ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

"Je lui demanderai tout de même d'être mon premier vice-président", a commenté après sa victoire Véronique Sarselli, au sujet de Jean-Michel Aulas, nouvel élu métropolitain.

Contrairement au maire de Lyon, le président écologiste de la Métropole, Bruno Bernard, n'a pas pu nouer une alliance avec LFI dans l'entre-deux-tours. "Les conditions d'un rassemblement de la gauche entre les deux tours n'ont pas pu être réunies (...) à cause des enjeux municipaux à Vaulx-en-Velin et Vénissieux", a-t-il regretté après sa défaite.

LFI a remporté ces deux communes populaires de la banlieue lyonnaise, en battant respectivement les maires sortantes socialiste Hélène Geoffroy et communiste Michèle Picard.

Créée en 2015, la Métropole de Lyon, qui englobe 58 communes et 1,4 million d'habitants, est la seule communauté d'agglomération de France dont l'assemblée est élue au suffrage universel direct.

Elle a récupéré une partie des compétences du département (développement économique, voirie, collèges, action sociale) et est dotée d'un budget annuel de près de 4 milliards d'euros (contre moins de 1,2 milliard pour la ville de Lyon).