Les droits de douane US sur l'auto pourraient coûter €15 mds à Berlin
information fournie par Reuters 02/05/2026 à 10:13

Des voitures neuves sont garées dans le port de Zeebrugge

Le relèvement des droits ‌de douane sur les voitures et les camions importés de l'Union européenne ​annoncé par le président américain Donald Trump pourrait coûter près de 15 milliards d'euros de production à l'Allemagne, a déclaré samedi à Reuters un ​institut économique.

Cette estimation de l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale (IfW) met en lumière l'exposition de la ​première économie européenne aux droits de ⁠douane américains à l'importation, qui ont déjà coûté plusieurs milliards d'euros ‌à l'industrie automobile allemande.

"Les effets seraient substantiels", a déclaré le président de l'IfW, Moritz Schularick, ajoutant que les pertes de ​production pourraient atteindre environ ‌30 milliards d'euros à plus long terme, selon l'analyse ⁠de l'institut.

Donald Trump a déclaré vendredi qu'il porterait les droits de douane sur l'automobile à 25% dès la semaine prochaine, contre 15% précédemment convenus, ⁠estimant que le ‌bloc n'avait pas respecté son accord commercial avec Washington.

"Le taux ⁠de croissance déjà poussif de l'Allemagne serait durement touché", a déclaré ‌l'économiste de l'IfW Julian Hinz.

L'institut anticipe actuellement une croissance de ⁠l'économie allemande de 0,8% cette année.

D'autres économies européennes dotées ⁠d'un secteur automobile ‌important, notamment l'Italie, la Slovaquie et la Suède, devraient également subir des pertes ​significatives, a ajouté l'IfW.

Le principal ‌conseiller du ministre allemand de l'Economie a pour sa part appelé à la prudence face à ​Donald Trump.

"L'Union européenne devrait simplement attendre et observer pour l'instant", a déclaré Jens Suedekum à Reuters. "Il est bien connu que Donald Trump ⁠est prompt à suspendre ou à retirer ses menaces tarifaires grandiloquentes."

Le président doit encore expliquer pourquoi il estime que l'Union européenne ne respecte pas l'accord commercial existant, a ajouté Jens Suedekum, soulignant qu'il n'était pas non plus clair s'il existait une base juridique aux dernières menaces tarifaires.

(Rene Wagner; ​version française Nicolas Delame)