Les discussions entre PS et LFI franchissent une nouvelle étape information fournie par Reuters 29/04/2022 à 11:22
PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste a souscrit à certaines mesures du programme de l'Union populaire et formulé ses propres propositions pour parvenir à une "union de la gauche" en vue des élections législatives du mois de juin, selon un document rendu public vendredi.
Dans ce texte de quatre pages, les socialistes, qui ont entamé mercredi des négociations avec La France insoumise (LFI), parti de Jean-Luc Mélenchon arrivé troisième du premier tour de l'élection présidentielle sous la bannière de l'Union populaire, disent avoir répondu aux "douze marqueurs" soumis par l'Union populaire en vue d'un accord.
Cette "étape supplémentaire", indispensable pour rapprocher deux partis qui ont souvent été à couteaux tirés par le passé, permet d'approfondir les discussions en vue d'une éventuelle union de la gauche qui pourrait aussi inclure les écologistes, les communistes ayant déjà donné leur feu vert.
"Le texte n'est en aucun cas un accord", précise le parti socialiste (PS) dans un communiqué diffusé vendredi. "Il valorise des convergences, sans cacher nos différences, notamment sur la question européenne."
Présentant son texte comme une "contribution aux discussions en vue de rassembler la gauche et les écologistes autour d'un socle de propositions", le PS insiste sur le fait que "la discussion ne fait que réellement commencer".
Dans le texte qu'il a transmis aux autres partis de gauche, le PS se montre désireux de "valoris(er) les convergences sans cacher les différences" et suggère d'ajouter "de nombreuses propositions" au programme de l'Union populaire, "dans la fidélité à (ses) fondamentaux et à (ses) priorités".
"ACCORD EN VUE" AVEC LES ÉCOLOGISTES
Alors que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n'exclut pas la "désobéissance" aux règles européennes, les socialistes se disent ainsi "profondément attachés" à la construction européenne et précisent qu'ils "refuseron(t) de mettre en danger la construction européenne ou de laisser s'installer une fracture entre la France et l'UE".
"Le parti socialiste a répondu aux points qui pour nous étaient importants pour engager une discussion politique (...) les points de programme", a réagi vendredi Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, sur Europe 1.
Alors que LFI mène également des tractations avec les écologistes, Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, a quant à lui laissé entendre vendredi qu'un accord était proche.
"Aujourd'hui, j'estime que l'accord est en vue. Nous pouvons être d'accord sur l'essentiel et même bien au-delà", a-t-il déclaré sur France 2.
Si un accord entre les forces de gauche venait finalement à être conclu en vue des législatives des 12 et 19 juin prochain, Alexis Corbière a précisé sur Europe 1 que "chaque force aura(it) un groupe parlementaire" à l'Assemblée nationale.
"Nous voulons par ailleurs créer une architecture un peu nouvelle avec un intergroupe, si nous sommes majoritaires, dans lequel ces groupes puissent discuter", a-t-il expliqué.
Les militants de l'Union populaire ont commencé à placarder des affiches appelant les Français à "élire Jean-Luc Mélenchon Premier ministre", le dirigeant insoumis ne cachant pas son espoir d'imposer une cohabitation au président Emmanuel Macron au terme de législatives qu'il présente comme le "troisième tour" de l'élection présidentielle.
(Rédigé par Myriam Rivet et Tangi Salaün, édité par Matthieu Protard)