Les dirigeants allemand, canadien et norvégien dans l'Arctique pour y parler sécurité information fournie par AFP 13/03/2026 à 06:03
Les chefs de gouvernement allemand, canadien et norvégien se réunissent vendredi dans l'Arctique norvégien, théâtre actuellement d'un grand exercice de l'Otan, pour discuter d'une sécurité régionale fragilisée.
Tous deux séparément en visite dans le pays scandinave, Friedrich Merz et Mark Carney vont retrouver leur homologue scandinave Jonas Gahr Støre à Bardufoss, ville de garnison située au-delà du cercle polaire, où se déroule l'exercice Cold Response de l'Otan.
Longtemps préservée par l'"exceptionnalisme arctique" -- idée selon laquelle elle fonctionne avec des règles de coopération particulières à l'écart des rivalités stratégiques --, la région est devenue un espace de tensions croissantes entre Russes et Occidentaux depuis le début de la guerre en Ukraine, mais aussi du fait des visées de Donald Trump sur le Groenland.
"Face à de nouvelles menaces, nous renforçons la collaboration en matière de défense avec nos partenaires de l'Arctique afin de créer un monde plus fort, plus prospère et plus sûr pour le bien du Canada et de tous", a affirmé M. Carney dans un communiqué.
Exercice bisannuel organisé par la Norvège, Cold Response rassemble quelque 25.000 soldats de 14 pays -- dont les Etats-Unis -- pour les entraîner à combattre ensemble dans des conditions hivernales extrêmes.
L'édition en cours a été en partie affectée par la guerre au Moyen-Orient qui a notamment conduit la France à rediriger le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte vers la Méditerranée orientale.
Après une visite des troupes, les trois dirigeants doivent tenir une conférence de presse aux alentours de 15H30 (14H30 GMT).
"Nous devons en faire davantage pour sécuriser le Grand Nord au sein de l'Otan", avait déclaré M. Merz au sommet de Davos en janvier. "Il s'agit d'un intérêt transatlantique commun."
Le chef de l'Otan, Mark Rutte, doit lui aussi visiter Cold Response le 18 mars.
- Survols russes -
Face aux manœuvres de l'Alliance atlantique, la Russie affiche sa présence.
La Norvège a annoncé mercredi avoir envoyé des chasseurs F-35 deux jours de suite cette semaine pour intercepter des appareils militaires russes évoluant dans l'espace aérien international au nord du pays.
"Il n'y a rien d'inhabituel ni de dramatique dans ce type de vols russes" et "la Russie a le droit de mener ces missions", a souligné l'armée norvégienne dans un communiqué.
"Ces vols russes visent très probablement à se forger une appréciation de la situation concernant l'activité des alliés dans le cadre de Cold Response 2026", a-t-elle ajouté.
Comme dans le passé, Moscou a aussi annoncé des tests de missiles dans une zone de la mer de Barents, proche des eaux norvégiennes.
Se réchauffant trois à quatre fois plus vite que la planète, l'Arctique attire des convoitises grandissantes, la fonte des glaces marines permettant un accès accru aux ressources (hydrocarbures, minéraux, poisson) et l'ouverture de nouvelles voies maritimes.
Avant de se rendre à Bardufoss, MM. Merz et Støre doivent visiter la base spatiale d'Andøya, où l'allemand Isar Aerospace prévoit de procéder prochainement à un nouveau lancement de sa fusée Spectrum.
M. Carney, de son côté, poursuivra son séjour en Norvège avec un passage à Oslo, où il rencontrera dimanche les Premiers ministres des cinq pays nordiques.