Les députés européens approuvent des règles plus strictes en matière d'asile
information fournie par Reuters 10/02/2026 à 18:19

Les drapeaux de l'Union européenne flottent devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles

Les députés européens ont approuvé mardi une modification du droit d'asile de l'Union européenne (UE), permettant notamment le rejet ‍plus rapide des demandes d'asile ou le transfert des demandeurs d'asile vers des pays tiers.

Le texte, qui doit encore être approuvé par les chefs d'Etat ‌et de gouvernement des Vingt-Sept, marque un durcissement significatif de la politique migratoire de l'UE, ébranlée par l'afflux de plus d'un million de ​réfugiés et de migrants en 2015-2016.

Cette décision est vivement critiquée par les ⁠associations humanitaires. Celles-ci disent craindre des violations des droits de l'homme et une remise en question du droit d'asile qui, en ⁠vertu d'une convention de ‍1951, interdit le renvoi des demandeurs d'asile vers des ⁠pays où ils pourraient être en danger.

Le Parlement européen a approuvé des modifications au règlement sur les procédures d'asile afin d'introduire une liste de pays considérés ​comme "sûrs" vers lesquels les demandeurs d'asile déboutés pourraient être renvoyés. Cette liste comprend des pays tels que l'Égypte et la Tunisie, dont le bilan en ⁠matière de droits humains pose question.

En vertu des nouvelles règles, les ​pays de l'UE peuvent rejeter une demande d'asile s'ils ​considèrent que le demandeur ​aurait pu bénéficier d'une protection dans un pays considéré comme sûr.

Les nouvelles ​règles permettront également aux Vingt-Sept de créer ⁠des "centres de retour" en dehors de l'UE, comme ceux mis en place par l'Italie en Albanie.

"Ces textes constituent une nouvelle étape dans la déshumanisation de la politique migratoire de l'Union européenne, bafouant les droits fondamentaux et la dignité des ‌personnes", a dénoncé la députée européenne Mélissa Camara.

"Le texte sur les pays sûrs mettra des centaines de milliers de personnes en danger. Des pays tiers seront considérés comme sûrs malgré une situation extrêmement préoccupante en matière de droits humains", a ajouté l'élue écologiste française.

(Rédigé par Amina Ismail ; version française Tangi Salaün, ‌édité par Blandine Hénault)