Les démocrates s'emparent du Congrès dans une déroute historique pour Trump information fournie par AFP 04/11/2026 à 16:24
Donald Trump se retrouve mercredi face à un paysage politique radicalement transformé et hostile, après que les électeurs américains ont confié le contrôle du Congrès à l'opposition démocrate, infligeant un camouflet retentissant à sa présidence.
Une vague démocrate a déferlé mardi sur les bastions républicains lors des élections de mi-mandat, alimentée par la colère suscitée par la flambée des prix de l'énergie et par la guerre coûteuse et interminable contre l'Iran.
Ce vote sanction constitue une humiliation personnelle pour le président américain de 80 ans, même s'il a dit ne pas se sentir visé, et hypothèque ses deux dernières années de mandat. L'entrée en fonction du nouveau Congrès le 3 janvier donnera aux démocrates une importante marge d'action contre le président.
La majorité conquise à la Chambre des représentants et au Sénat leur permettra de bloquer des lois voulues par la Maison Blanche, d'entraver des nominations présidentielles et relancer des enquêtes visant Donald Trump et son gouvernement.
"Nous allons demander des comptes", a prévenu Hakeem Jeffries, chef des démocrates à la Chambre et pressenti pour en devenir le premier président afro-américain.
"Récupérer notre pays"
"J'ai presque envie de pleurer. On va pouvoir récupérer notre pays", a déclaré Kathy Jackoway, célébrant au Texas l'élection de James Talarico, premier sénateur démocrate élu dans cet Etat en près de 40 ans.
Les démocrates ont gagné sept sièges au Sénat, où ils disposeront d'au moins 54 élus sur 100. A 14H00 GMT, il restait encore deux sièges disputés dans le Mississippi et l'Alaska mais le décompte pourrait prendre plusieurs jours.
A la Chambre des représentants, ils disposeront d'une majorité solide d'au moins dix sièges, à 228 élus, selon les projections des médias américains.
Pour Todd Belt, politologue à l'université George Washington, ces résultats marquent "un rejet fort de Donald Trump et de ses politiques".
La déroute des républicains a été alimentée par la colère des électeurs face au coût de la vie, tiré vers le haut par les droits de douane et la guerre en Iran, qui a fait flamber les prix des carburants et plonger la cote de popularité du président.
Donald Trump a assuré au New York Times qu'il accepterait le résultat des élections mais s'est dit prêt, sur sa plateforme Truth Social, à utiliser son droit de veto contre les lois qu'adopteront les démocrates au Congrès.
"Je ne considère pas que c'était dirigé contre moi", a affirmé le président milliardaire à Fox News, refusant d'endosser la responsabilité de la défaite.
"Nous avons battu Goliath"
A l'étranger, le Premier ministre britannique Andy Burnham a estimé que la défaite du Parti républicain devait pousser le monde à "s'unir" pour lutter contre le coût de la vie. Son homologue espagnol Pedro Sanchez a considéré que "la vague ultra" s'écroulait.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a cependant prévenu que ceux qui s'attendent à un changement de politique des États-Unis "se trompent lourdement".
Les démocrates ont gagné jusque dans des États acquis aux républicains depuis des décennies comme au Kansas où Adam Hamilton a été élu sénateur, une première depuis 1932 pour un démocrate.
En Caroline du Sud (sud-est), la démocrate Annie Andrews a ravi le siège de sénatrice à Darline Graham, choisie personnellement par Donald Trump pour succéder à son frère Lindsey Graham décédé en juillet.
Au Texas, autre bastion conservateur, la dernière élection d'un sénateur démocrate remontait à 1988... un an avant la naissance de James Talarico.
"Nous avons battu Goliath", a déclaré ce séminariste presbytérien de 37 ans, lors de son discours de victoire à Austin, aux côtés de Gina Hinojosa, élue gouverneure.
Caroline du Nord, Iowa, Ohio...
Les démocrates ont aussi fait basculer des sièges de sénateur en Caroline du Nord, en Iowa ou encore dans l'Ohio, tous remportés par Donald Trump en 2024.
Dans le Maine, un ancien bûcheron, Troy Jackson, a mis un terme à près de 30 ans de règne de la sénatrice républicaine sortante Susan Collins.
Les démocrates ont préservé dans le même temps plusieurs sièges cruciaux qu'ils détenaient déjà.
En Géorgie, Jon Ossoff, nouvelle étoile montante du parti, a été réélu au Sénat.
Et dans le Michigan, État industriel frontalier du Canada et où vit une importante communauté arabo-américaine, le médecin démocrate Abdul El-Sayed, issu de la gauche du parti, est devenu le premier musulman élu sénateur des Etats-Unis, au terme d'un affrontement très serré et acrimonieux avec son adversaire Mike Rogers, ex-député républicain et ancien agent du FBI.