Les canicules de l'été pourraient coûter à la France "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", selon la ministre Monique Barbut
information fournie par Boursorama avec Media Services 12/08/2026 à 16:33

Cette première estimation reste toutefois à prendre avec "beaucoup de précautions", a noté la ministre de la Transition écologique.

( AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

Au coeur d'un été déjà historique en matière de fortes chaleurs et de sécheresse en France métropolitaine, les canicules à répétition de cet été 2026 pourraient coûter à la France "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", évoque mercredi 12 août la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à la même heure où 80 départements étaient placés en vigilance orange canicule pour la journée de jeudi.

"On peut estimer, en tout cas c'est l'estimation de l'Insee et ce chiffre est à prendre avec beaucoup de précautions, un chiffre de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros de coûts directs et indirects de la canicule de cet été" , a-t-elle dit en introduction d'une réunion de crise au ministère consacrée à la sécheresse.

Interrogé par l’AFP, l’Insee indique toutefois ne pas être à l’origine de cette estimation et ne pas disposer pas à ce stade de chiffrage des coûts directs et indirects de la canicule de l'été 2026.

La ministre réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Lors d'une précédente réunion, le 27 juillet, Monique Barbut avait déjà jugé que la sécheresse "historique" à laquelle est confrontée la France se traduirait par des coûts supérieurs aux 5,6 milliards d'euros estimés pour celle de 2022.

Cartes de l'Europe montrant les prévisions de températures maximales chaque jour du 12 au 14 août 2026, d'après les données de l'institut météorologique allemand DWD au 12 août à 6h GMT ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )

A l'époque, le gouvernement estimait que des coupures d'eau au robinet touchaient d'ores et déjà "plus de 30.000 personnes sur 80 communes". Un chiffre revu en hausse mercredi, Monique Barbut évoquant désormais "plus de 40.000 personnes" concernées.

Conséquences sur tous les fronts

"La première de nos priorités demeure évidemment l'alimentation en eau potable qui est déjà sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément aujourd'hui dans 50 départements français", a-t-elle dit. "La semaine dernière, l'approvisionnement de plus de 550.000 habitants était ainsi considéré comme étant en tension, et l'approvisionnement de près de 3 millions d'habitants placé en vigilance", a ajouté la ministre.

Outre l'impact sur les personnes et l'activité, les fortes chaleurs ont un impact documenté sur la production énergétique du pays. Le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a ainsi atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs et à l'arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines (Nord), selon des calculs de l'AFP.

Le taux de puissance manquante atteint 20,4%, a calculé l'AFP à partir des données publiées depuis 2015 par EDF. Peu avant 10h, le parc nucléaire d'EDF a connu un nouveau pic d'indisponibilités pour "contraintes environnementales" ou "causes externes liées à l'environnement".

Au total, 13 réacteurs étaient concernés, contre un précédent record de 12 réacteurs dans la nuit du 14 au 15 juillet, soit un total de 20,4% de capacités de production indisponibles. Huit étaient à l'arrêt complet (Bugey 3, Cattenom 1, Chooz 1 et 2, Golfech 2, Gravelines 2, 3 et 4) et cinq étaient en sous-régime (Saint-Alban 2, Tricastin 1 et 4, Gravelines 1 et 6).