Les banques européennes résilientes face aux chocs actuels - directeur de l'ABE information fournie par Reuters 16/04/2026 à 10:53
Les banques européennes sont en mesure d'absorber les chocs financiers et géopolitiques actuels, mais elles doivent se préparer aux incertitudes futures, en particulier aux risques liés à la cybersécurité induits par l'intelligence artificielle (IA), a déclaré le nouveau directeur de l'Autorité bancaire européenne (ABE).
François-Louis Michaud, qui prend les rênes de l'autorité européenne de surveillance bancaire, a estimé lors d'une conférence de presse mercredi que les banques étaient "suffisamment résilientes" pour résister aux risques géopolitiques, ajoutant qu'elles disposaient également d'importantes réserves de fonds propres et de liquidités.
"Nous savons également que ce qui nous attend ne ressemblera pas beaucoup à ce que nous avons connu par le passé, et nous devons nous y préparer", a-t-il ajouté.
Ces commentaires étaient soumis à un embargo jusqu'à leur publication jeudi.
La capacité du secteur à faire face à des perturbations majeures fait l'objet d'une attention particulière en cette période où les marchés financiers sont mis à rude épreuve par la guerre au Moyen-Orient.
Claudia Buch, présidente du conseil de surveillance de la Banque centrale européenne (BCE), a averti en mars que les marchés financiers sous-estimaient la pression exercée sur le système financier par les risques géopolitiques, qui sont devenus la principale préoccupation des banques centrales.
La cybersécurité est une préoccupation croissante pour les autorités de surveillance, confrontées ces derniers temps aux inquiétudes suscitées par le nouveau modèle d'IA développé par la start-up américaine Anthropic, Mythos. Selon les experts, il pourrait donner lieu à des cyberattaques complexes et constituer une menace pour le secteur bancaire.
Les autorités américaines ont tenu une réunion d'urgence avec les directeurs généraux des banques la semaine dernière à ce sujet, et la BCE se prépare également, selon une source, pour mettre en garde le secteur contre les risques liés au nouveau modèle.
Interrogé sur Mythos, François-Louis Michaud a déclaré que les risques et les opportunités liés aux nouvelles technologies figuraient parmi les priorités de l'autorité de surveillance.
"À chaque réunion du conseil d'administration, nous menons une discussion très approfondie sur les risques, et nous abordons précisément ce genre de sujet : les cybermenaces, ce que nous observons dans les différentes parties du secteur, etc. C'est donc au coeur de nos préoccupations. Nous en discutons constamment", a-t-il déclaré.
Il a également affirmé que le secteur du crédit privé, qui suscite des inquiétudes notamment aux États-Unis, ne constituait pas un problème systémique pour les banques européennes.
(Reportage Elizabeth Howcroft ; version française Diana Mandia, édité par Sophie Louet)