Les armées françaises ne sont pas des "clients captifs" : Macron prévient les industriels français de la défense face à la concurrence
information fournie par Boursorama avec Media Services 16/01/2026 à 11:50

Le chef de l'Etat a exhorté les grands acteurs du secteur à intensifier la cadence, indiquant au passage que l'armée française n'était pas leur terrain de chasse gardée.

Emmanuel Macron, à la base aérienne d'Istres, le 15 janvier 2026 ( POOL / PHILIPPE MAGONI )

"Arrêtez de croire que les armées françaises sont des clients captifs!". A l'occasion de ses voeux aux armées, Emmanuel Macron a lancé jeudi 15 janvier un avertissement aux industriels français de la défense, les appelant à investir et produire davantage, ou encore privilégier les volumes et l'accélération des cadences de fabrication à la course au high-tech.

La France doit ainsi consentir à "des efforts à la mesure de notre rude époque", a jugé le président de la République, estimant nécessaire un budget supplémentaire de 36 milliards d'euros pour les armées d'ici à 2030 afin d'"accélérer notre réarmement". "Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort" , a déclaré le chef de l'Etat en présentant ses voeux aux armées sur la base aérienne d'Istres.

Le chef des Armées en a profité pour inviter une nouvelle fois les acteurs français de la BITD à monter en charge. "Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume, de massifier encore davantage avec des systèmes plus légers et de façon innovante", sous peine "de se faire sortir du marché", a-t-il mis en garde. "Arrêtez de croire que les armées françaises sont des clients captifs, regardez la concurrence, allez plus vite, ne vous endormez pas", a t-il encore lancé.

Chantiers multiples

Les 36 milliards d'euros supplémentaires doivent permettre de "préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d'ici 3 à 4 ans" face à une Russie perçue comme de plus en plus menaçante pour la sécurité de l'Europe. Ils serviront à financer "trois grandes priorités", a-t-il détaillé: l'augmentation des "stocks de munitions de tous types" et le renforcement de la "préparation opérationnelle de nos armées"; les moyens permettant de "garantir notre souveraineté" comme le développement d'un système d'alerte avancée s'appuyant sur des satellites et des radars permettant de détecter des tirs de missile à longue portée; le renforcement des moyens de protection des militaires (défense sol-air et antidrones), de frappe dans la profondeur ou le nombre de drones.

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