Légumes: chiffre d'affaires stable chez la Sica, malgré une hausse des volumes information fournie par Boursorama avec AFP 16/03/2026 à 16:10
La Sica de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), première coopérative légumière française, a réalisé un chiffre d'affaires stable en 2024-2025, la hausse de la production étant plombée par des prix en berne, a-t-elle annoncé lundi.
Le chiffre d’affaires de la coopérative est resté stable à 230 millions d'euros sur l'exercice 2024-2025 (clos fin octobre), reculant de 1% dans les légumes, à 188 millions d'euros, et progressant de 3% dans l’horticulture à 42 millions d'euros.
Le recul du chiffre d'affaires de la branche légumes s'explique par la baisse des prix, car les 686 producteurs de la coopérative bretonne ont vu leur production augmenter de 5,8% durant l'exercice. Ils ont ainsi récolté 177.800 tonnes de fruits et légumes, contre 168.000 tonnes lors de l'exercice précédent.
"On est sur une année très difficile, sur un manque de valorisation des légumes, surtout pour les produits de plein champ", a déclaré à l'AFP Marc Kerangueven, président de la Sica.
"Tout se vend, mais à pas cher, souvent en dessous des coûts de production", a-t-il précisé.
Le chiffre d'affaires du chou-fleur, une des productions historiques de la coopérative léonarde, s'écroule ainsi de 31%, alors même que la production est en hausse de 10,7% à plus de 65.000 tonnes.
"On n'est plus compétitif sur ce produit phare, on est en train de perdre des marchés à l'export", a souligné M. Kerangueven, alors que 60% de la production de choux-fleurs est exportée.
"L'Italie et l'Espagne nous dament le pion car leur coût de main d’œuvre est 35% inférieur au nôtre", a-t-il ajouté, soulignant que la main d’œuvre représentait 40% du coût de production d'un légume.
La tomate tire un peu mieux son épingle du jeu, voyant son chiffre d'affaires progresser de 14%, grâce à des prix plus élevés.
L'artichaut recule en revanche de 14%, à cause d'une consommation en baisse et d'une production affectée par les excès de pluie hivernale.
L'optimisme n'est pas de mise pour l'année en cours, alors que les prix sont "pires que l'année dernière", a affirmé M. Kerangueven, qui s'attend à "une très mauvaise année de chou-fleur et une très mauvaise année d’échalote".
"Au niveau de la coopérative, l'année va être très dure", a-t-il prévenu, appelant à un "cap clair" pour développer la production légumière en France.
Aujourd'hui, "on a trop de distorsions, la fiscalité n'est pas du tout adaptée au monde agricole", a-t-il estimé.