Législatives en Slovénie: le Premier ministre Golob revendique la victoire information fournie par AFP 23/03/2026 à 00:37
Le Premier ministre slovène Robert Golob a revendiqué la victoire aux élections législatives de dimanche, où son parti a distancé d'une courte tête la formation de l'ancien Premier ministre pro-Trump Janez Jansa.
"Puisque nous avons reçu la confiance du peuple, nous pouvons maintenant envisager d'avancer sous un soleil libre", a-t-il déclaré devant ses soutiens réunis dans son quartier général de Ljubljana, saluant un vote "en faveur de la démocratie".
Son Mouvement pour la liberté (GS) a rassemblé 28,62% des voix, lui permettant d'obtenir 29 sièges après le dépouillement de 99,85% des bulletins. Soit un siège de mieux seulement que le Parti démocratique slovène (SDS) de M. Jansa qui a récolté 27,95%, dans ce scrutin qui a vu une participation forte de près de 70%.
Robert Golob ajouté qu'il recevrait lundi tous les partis représentés au parlement pour discuter de la formation d'une coalition, ajoutant s'attendre à ce que les négociations durent un certain temps.
M. Jansa, dénonçant les problèmes techniques rencontrés par le site internet de la commission électorale, a annoncé son intention "de recompter chaque voix dans tous les bureaux de vote". "La Slovénie mérite la stabilité, mais je doute qu'elle l'obtienne au vu des résultats", a-t-il ajouté.
Cinq autres partis sont en mesure d'entrer au parlement slovène, et au jeu des alliances possibles, aucun des deux camps ne semble en mesure d'obtenir la majorité absolue des 90 sièges.
- Risque d'instabilité -
Le parti europhobe Resnica, qui obtient 5 sièges, pourrait être le faiseur de roi, a estimé le journaliste au quotidien Delo, Uros Esih.
"Mais gouverner, quel que soit le bloc, avec un parti populiste et antisystème ne signifie que des problèmes et de l'instabilité", a-t-il ajouté.
Longtemps largement distancé dans les sondages, M. Golob, 59 ans, a refait son retard ces dernières semaines grâce à des mesures populaires, dont la revalorisation des pensions de retraite, mais aussi en raison du contexte international qui lui a offert des arguments.
La guerre en Iran a ouvert "un large espace de critique" aux partis de gauche, alors que la proximité de M. Jansa avec le président américain Donald Trump l'a contraint à rester en retrait, a ainsi estimé le responsable du supplément dominical de Delo, Ali Zerdin.
- Retour aux "Valeurs slovènes" -
Proche du Premier ministre hongrois Viktor Orban, Janez Jansa, 67 ans, a mené une campagne axée sur le retour aux "valeurs slovènes", dont celles de la "famille traditionnelle", et promis de "fermer le robinet" de l'argent public à certaines ONG.
Lors de son troisième mandat de 2020 à 2022, il avait multiplié les passes d'armes avec l'Union européenne et tenté de museler les médias, nourrissant les critiques sur une dérive illibérale.
Sa gestion de la pandémie de Covid-19, jugée autoritaire, avait fait descendre des dizaines de milliers de personnes dans les rues, et conduit à la victoire écrasante de M. Golob, alors novice en politique, en 2022.
L'ancien dirigeant d'une entreprise publique du secteur de l'énergie a mené depuis un programme centré sur l'inclusion sociale. Il a aussi légalisé le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe dans le pays de 2,1 millions d'habitants issu de l'ex-Yougoslavie et membre de l'UE depuis 2004.
Janez Jansa l'a accusé de se comporter comme si l'argent "poussait sur les arbres" et de vider les caisses de l'Etat
"Si nous n'obtenons pas un gouvernement de droite, alors c'en est fini. (...) J'ai peur pour ma retraite. Les caisses (de l'Etat) seront vides", a dit craindre Anica Vranjak, une retraitée vivant à Arnace, un village à 70 km de Ljubljana, après avoir voté.
Mais Ivana Prijatelj, une retraitée de Ljubljana, s'est elle déclaré "satisfaite de la situation actuelle".
Sur le plan international, M. Golob a fermement critiqué la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine - l'un de ses seuls points communs avec M. Jansa -, les ambitions américaines sur le Groenland et a été l'un des rares pays de l'UE à qualifier la guerre d'Israël à Gaza de "génocide".
La fin de la campagne a été marquée par l'affaire Black Cube, du nom d'une société privée israélienne de renseignement soupçonnée d'être derrière la mise en ligne d'enregistrements de conversations avec notamment un lobbyiste, un avocat et un ancien ministre.
Ces enregistrements suggèrent des faits de corruption au sein du gouvernement sortant. L'objectif supposé: influencer l'élection au profit de M. Jansa en fragilisant M. Golob.