Législatives au Népal: la très large victoire du parti du maire de Katmandou se confirme
information fournie par AFP 08/03/2026 à 15:12

Balendra Shah (au centre, à droite), du Rastriya Swatantra Party (RSP), attend le 7 mars 2026 à Damak, dans le district de Jhapa, le document de certification de sa victoire aux législatives du Népal ( AFP / Prakash MATHEMA )

Le parti du rappeur devenu maire de Katmandou Balendra Shah, grand vainqueur du duel qui l'opposait à l'ex-Premier ministre KP Sharma Oli, devrait obtenir une très large majorité au Parlement du Népal, confirment les derniers résultats partiels des législatives publiés dimanche.

Grâce à sa large victoire sur le chef du gouvernement renversé en septembre par l'insurrection des jeunes de la Génération Z, "Balen" Shah, 35 ans, fait désormais figure de grand favori pour prendre les rênes du pays.

Son Parti national indépendant (RSP, centriste) a raflé 121 des 165 sièges de la Chambre des représentants pourvus au scrutin majoritaire et pointait en tête dans quatre des huit circonscriptions en cours de dépouillement, selon les chiffres de la commission électorale publiés dimanche soir.

Le RSP arrive également largement en tête des suffrages exprimés pour l'attribution des 110 autres sièges attribués à la représentation proportionnelle.

Loin derrière lui, le Congrès népalais, principal parti des coalitions gouvernementales des dernières années, n'est pour l'heure crédité que de 17 sièges, le Parti communiste népalais de M. Oli de sept sièges.

Trois fois Premier ministre, l'ex-chef de la rébellion maoïste Pushpa Kamal Dahal a lui été réélu, et son parti remporté sept sièges.

Les derniers résultats des circonscriptions "seront proclamés d'ici à demain (lundi) après-midi", a annoncé un porte-parole de la commission électorale, Narayan Prasad Bhattarai. Ceux des sièges attribués à la proportionnelle "prendont quelques jours de plus", a-t-il précisé.

Les observateurs de l'Asian Network for Free Election se sont réjouis dimanche "du déroulement calme et ordonné du scrutin, reflet de l'engagement continu de la population envers la démocratie, malgré la récente instabilité".

Le duel entre KP Sharma Oli, 74 ans, quatre fois Premier ministre depuis la fin de la guerre civile en 2006 et l'abolition de la monarchie deux ans plus tard, et "Balen" Shah était le plus suivi de tout le scrutin.

- Rapport d'enquête -

Balendra Shah (à gauche), au bureau de vote le 5 mars 2026, a conduit son Rastriya Swatantra Party (RSP) à une victoire écrasante aux législatives du Népal face à la vieille garde ( AFP / TAUSEEF MUSTAFA )

Le succès éclatant du maire de Katmandou, qui s'est imposé comme le porte-voix des aspirations de la "révolution" de 2025, marque l'avènement d'une nouvelle génération de dirigeants politiques au Népal.

"Nous en avons assez des vieux gouvernements et de leurs vieux dirigeants", a réagi auprès de l'AFP Narendra K.C. un commerçant de Katmandou de 47 ans. "Maintenant que les jeunes ont pris les choses en main, nous espérons qu'ils nous apporteront de bonnes choses".

M. Shah n'a fait aucune déclaration publique depuis l'annonce de sa victoire.

"Les difficultés commencent maintenant pour lui", a commenté auprès de l'AFP Bibash Kattel, un chauffeur de 41 ans de Biratnagar (sud-est). "Il est nouveau mais les gens seront très en colère s'il ne réussit pas. Il va devoir travailler avec beaucoup de soin".

Initiée par un blocage des réseaux sociaux, la colère des jeunes manifestants des 8 et 9 septembre derniers avait rapidement viré en protestation contre la corruption des élites et le chômage, qui contraint de nombreux Népalais à s'expatrier pour trouver un emploi.

Selon un bilan officiel, la révolte a fait au moins 77 morts, des centaines de blessés et entraîné la destruction ou le pillage de nombreux bâtiments publics, dont le parlement dans la capitale Katmandou, et de commerces.

A la tête d'un gouvernement de transition depuis la démission de M. Oli, Sushila Karki s'est vu remettre dimanche le rapport de la commission qu'elle a chargée d'enquêter sur l'insurrection de septembre.

Ses conclusions n'ont pas été rendues publiques.

Mme Karki a indiqué qu'elle transmettrait le rapport au gouvernement issu des élections de jeudi. "Nous ne serons plus là pour la mise en œuvre de ses recommandations (...) mais je suis persuadée que le nouveau gouvernement s'en chargera", a-t-elle commenté.

Selon un de ses membres, Bigyan Raj Sharman, la commission a entendu plus de 200 témoins, dont M. Oli qui a toujours nié avoir ordonné à la police d'ouvrir le feu sur les manifestants du 8 septembre.