Lecornu réaffirme ne pas être candidat à la présidentielle et esquisse un budget "réversible" information fournie par AFP 29/08/2026 à 20:11
Réaffirmant ne pas être "candidat à la présidentielle" du printemps prochain, Sébastien Lecornu a esquissé samedi plusieurs pistes pour le budget 2027, "réversibles" après l'élection, alertant contre la situation "gravissime" que provoquerait une absence de loi de finances.
Dans un entretien publié par Le Parisien, prié de confirmer qu'il ne sera pas candidat au scrutin du printemps, le Premier ministre a balayé : "je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Je ne me mêle pas de la campagne présidentielle".
Et "je demande donc aux candidats à la présidentielle de ne pas entraver davantage l'action du gouvernement", a-t-il ajouté.
Même s'il assure s'être "préparé depuis le premier jour à être censuré" par une Assemblée nationale sans majorité, le chef du gouvernement glisse au passage qu'il reprendra sa "liberté" s'il tombe sur le budget.
Selon Sébastien Lecornu, une absence de budget viendrait "rajouter un désordre domestique au désordre international" ce qui "nous mettrait dans une situation gravissime" sur le plan financier.
"Cette déclaration est insupportable", "le gouvernement est toujours en train d'expliquer que ce n'est pas de sa faute", a réagi le président du Rassemblement national Jordan Bardella sur BFMTV, sans exclure, "par principe", une censure parlementaire.
"Le chantage (...), ça ne fonctionne pas avec nous", a aussi répondu le chef des députés socialistes Boris Vallaud depuis les journées d'été du PS à Blois. "Il faut un budget pour la France", mais "ce ne sera pas le budget de M. Lecornu", a-t-il prévenu.
Une "réforme" des arrêts maladie
Faute de majorité et à moins de huit mois du premier tour de la présidentielle, le Premier ministre promet un budget "avec des mesures, pour beaucoup, réversibles, par la nouvelle majorité qui sortira des urnes", donc "un budget de premier semestre" uniquement.
Sans fixer d'objectif de déficit public à ce stade, il affirme que la guerre en Iran et le blocus du détroit d'Ormuz ont "tué toute perspective des 5%" du PIB, cible initiale pour 2026.
Face à cette crise, il confirme d'ailleurs vouloir "prolonger" les aides au carburant.
De la même manière, il annonce "un plan de soutien et de sauvetage" pour aider les agriculteurs à "passer l'hiver" après un été de sécheresse, puis "un plan de relance pour 2027".
Pour le reste, au menu du budget, des "mesures difficiles" mais pas "brutales".
"L'État portera l'essentiel de l'effort. Les dépenses de l'État continueront d'augmenter, mais moins que l'inflation. Pour les collectivités locales, je proposerai que leurs dépenses de fonctionnement progressent au rythme de l'inflation", a-t-il détaillé. Les dépenses sociales "seront mécaniquement au-dessus de l'inflation, notamment à cause du vieillissement de la population".
Pas de gel du RSA ni des "petites retraites", mais la désindexation des plus fortes pensions par rapport à l'inflation est "sur la table" pour voir "comment les pensions de retraite de nos aînés pourraient être mises à contribution pour le soin des plus âgés".
Sur les "abus" des arrêts maladie, il veut "lancer une vraie réforme avec les partenaires sociaux".
Quant au déremboursement de certains médicaments, il entend "poser la question" quand le bénéfice thérapeutique est "faible".
Sébastien Lecornu, qui exclut à nouveau toute hausse d'impôts, a aussi estimé que reproduire à l'identique la surtaxe sur les très grandes entreprises "enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux", promettant des "discussions".