Le site du Tricastin, grand oublié des nouveaux chantiers nucléaires? Les territoires du grand Sud-Est en appellent à Macron information fournie par Boursorama avec Media Services 04/06/2026 à 17:21
Des élus et acteurs économiques de plusieurs régions appellent le président de la République à un "arbitrage" en faveur du célèbre site nucléaire aux portes de la Provence, sur les bords du Rhône, pour accueillir une paire de réacteurs EPR2.
Les régions PACA, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie ainsi que trois départements exhortent jeudi le président Emmanuel Macron à arbitrer en faveur du site nucléaire du Tricastin, le plus méridional de France, pour l'installation de réacteurs de troisième génération EPR2.
EDF doit construire, par paire, six premiers EPR2 sur les sites retenus par le gouvernement de Penly (Seine-Maritime), d'ici à 2038, et de Gravelines (Nord) et Bugey (Ain) par la suite. La candidature du Tricastin (entre Drôme et Vaucluse) avait été écartée au profit du Bugey.
Les sites retenus pour la "deuxième vague" de huit réacteurs de nouvelle génération ne sont pas encore connus mais, dans leur lettre dont l'AFP a obtenu une copie, les présidents des trois régions, et ceux des départements de l'Ardèche, de la Drôme et du Vaucluse ainsi que des maires parlent d'un "arbitrage présidentiel" attendu "d'ici la fin de l'année".
Un pôle nucléaire majeur
Dressant un panorama des avantages du plus méridional des sites français historiques, couplé avec celui de Marcoule, au carrefour de ces régions et départements, les élus vantent les qualités du Tricastin, l'un des plus grands pôles nucléaires d'Europe avec "plus de 50.000 emplois directs, indirects ou induits", liés à la production mais aussi à la recherche. Et qui "assure la couverture des besoins électriques d'une part importante du grand Sud-Est".
"Nous restons fortement mobilisés pour défendre la candidature du Tricastin à l'accueil de deux EPR2", conclut la lettre au chef de l’État, qui préside l'organe de décision en la matière: le Conseil de politique nucléaire réunissant les ministres concernés, le chef d'état-major des armées, le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
L'EPR2 est la dernière génération de réacteurs nucléaires développée par la filière française, soit une version simplifiée destinée à faire oublier les dérapages de coûts et de calendrier du chantier de l'EPR à Flamanville (Manche), raccordé au réseau EDF en 2024 avec 12 ans de retard. La centrale du Tricastin et ses quatre réacteurs, entrée en service en 1980 après les premières françaises de Fessenheim (Alsace), en 1977 mais à l'arrêt depuis 2020, et du Bugey en 1978, est qualifiée aujourd'hui de site "vieillissant". Les quatre réacteurs sont toujours en exploitation et EDF, qui a obtenu en 2023 l'autorisation de prolonger de 10 ans celle du numéro 1, a engagé un programme intense de maintenance pour une poursuite de la production jusqu'à 50 ans, voire 60.
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