Le sénateur d'extrême droite Stéphane Ravier condamné dans un dossier, jugé dans un autre
information fournie par AFP 10/02/2026 à 19:29

Le sénateur français d'extrême droite, Stéphane Ravier, s'exprime lors d'une réunion du parti "Reconquête!" à Palavas-les-Flots, dans l'Hérault, le 6 avril 2024 ( AFP / Pascal GUYOT )

Le sénateur d'extrême droite Stéphane Ravier a vécu une lourde séquence judiciaire mardi, condamné en appel à un an d'inéligibilité notamment dans un dossier de prise illégale d'intérêts et jugé au même moment à Marseille pour favoritisme.

Le sénateur des Bouches-du-Rhône, ancien membre du Rassemblement national puis de Reconquête!, est jugé pour des faits de favoritisme datant de septembre 2016 à juin 2017, alors qu'il occupait le siège de maire du 7e secteur de Marseille (13e et 14e arrondissements), remporté lors des municipales de 2014.

M. Ravier est accusé d'avoir attribué en partage à deux sociétés un marché visant à la rénovation du site internet de la mairie de secteur mais qui, selon le parquet, bénéficierait en fait à la même personne.

Ce "saucissonnage" aurait permis, selon l'accusation, de se situer sous la barre des 25.000 euros, montant à partir duquel un marché public doit impérativement donner lieu à une mise en concurrence.

Une enquête avait été ouverte en 2021 alors que la mairie de secteur avait basculé, un an plus tôt, vers la droite marseillaise.

Durant les investigations, le sénateur aurait évoqué son ignorance des modalités de passation de ce marché.

"Quand vous recevez une tonne de documents, vous signez parfois mécaniquement, surtout après plusieurs signatures, notamment celle du directeur financier", s'est défendu mardi Stéphane Ravier à l'audience. Il estime par ailleurs que le directeur financier de la mairie est "responsable" et "regrette qu'il n'ait même pas été entendu".

Il explique avoir donné une directive claire et "souvent répétée" à son conseil municipal : "je ne veux pas d'ennuis, je ne veux pas être réveillé par la brigade financière à six heures du matin".

Le procureur a requis six mois de prison avec sursis, 5.000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité pour le sénateur et sa nièce Sandrine d'Angio qui avait succédé à son oncle au poste de maire du 7e secteur de Marseille.

Ce procès "ressemble plutôt à un round médiatique, un round politique", a estimé de son côté l'avocat du sénateur, Pierre-Vincent Lambert, en réclamant la relaxe.

Le jugement sera rendu le 17 février.

Pendant qu'il était jugé à Marseille, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé la décision de première instance dans un autre dossier de prise illégale d'intérêts, condamnant Stéphane Ravier à six mois de prison avec sursis et à une inéligibilité d'un an pour avoir "œuvré illégalement" au recrutement de son fils à la mairie de secteur via dix contrats à durée déterminée sur une période de trois ans et demi avant que celui-ci n'accède au statut de fonctionnaire stagiaire.

Deux ans après sa défaite aux dernières municipales, où il était arrivé en troisième position avec près de 20% des voix, Stéphane Ravier avait quitté le RN pour rallier la candidature d'Eric Zemmour à la présidentielle. Il avait ensuite quitté Reconquête! en 2024.

Pour ces municipales de 2026, il soutient la candidature du député RN Franck Allisio à la mairie de Marseille. Sa nièce, également menacée d'une peine d'inéligibilité, figure d'ailleurs sur la liste du député.