Le RN opposé à l'envoi de militaires français pour protéger un port pétrolier saoudien information fournie par AFP 25/09/2026 à 09:33
Le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu a estimé vendredi qu'"il ne faut pas envoyer de militaires" français pour protéger le site de Yanbu, port pétrolier saoudien et maillon stratégique du réseau d'installations énergétiques du pays, comme l'a annoncé la veille le président Emmanuel Macron.
"Ce n'est pas la bonne idée, ce n'est pas la bonne voie", a déclaré le député d'extrême droite sur RMC-BFMTV, jugeant que "c'est prendre un certain nombre de risques que nous ne voulons pas prendre (...) parce que nous n'avons pas d'accords de défense qui nous lient et qui font de l'Arabie saoudite un partenaire".
Il a rappelé que Ryad avait "déjà des accords de défense avec la Turquie et le Pakistan". "Pourquoi ne se tournent-ils pas vers leurs partenaires naturels?", a-t-il interrogé.
Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir que la France allait "envoyer des moyens militaires, c'est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense" pour "protéger" le site de Yanbu, "pas nous engager dans quelque conflit, mais protéger ce site".
Il existe des accords de coopération et d'assistance militaires entre la France et l'Arabie saoudite (formations, entraînements, coopération dans le domaine de l'armement, etc) mais pas de clause de défense mutuelle comme il en existe dans le cadre de l'Otan.
Interrogé sur l'éventuel envoi d'avions de combat Rafale, le président a indiqué que l'"on verra(it) l'évolution et selon les besoins, on en a dans la région". "Mais en tout cas, on se met en situation de protéger ce site" parce qu'il en sortait, "il y a quelques semaines de là, chaque jour plus de 5 millions de barils", a-t-il ajouté.
Principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge, ce port est relié aux régions pétrolifères du royaume, situées près du Golfe, par l’oléoduc Est-Ouest, également connu sous le nom de Petroline.
Le candidat de La France insoumise à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a réclamé dès jeudi soir un vote du Parlement. "Des troupes en Arabie saoudite, c'est s'installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. Donc l'Assemblée doit voter sur le sujet. Article 35 de la Constitution", a-t-il déclaré sur X.
"A partir du moment où on n'a pas d'accords de défense, le vote est un peu superfétatoire", a estimé Sébastien Chenu, "mais s'il y avait un vote, on ne serait pas d'accord".