Le rendement de l'OAT repart à la hausse après une accalmie de courte durée
information fournie par Reuters 27/10/2026 à 12:14

Le drapeau français flotte à l'Élysée, à Paris

Les taux d'emprunt de la France repartent à ‌la hausse mardi après un recul net mais de courte durée la veille, ce qui met en évidence les ​défis auxquels la deuxième économie de la zone euro continue de faire face dans un contexte d'incertitude budgétaire et politique.

Le rendement de l'OAT à dix ans avance de de plus de 5 points de base pour s'établir ​à 4,9528% à 10h00 GMT, allant ainsi à contre-courant de son homologue allemand, qui s'affiche en légère baisse à la même heure, à 3,3539%.

Le "spread", qui ​mesure la prime de risque exigée par les investisseurs ⁠pour détenir de la dette française par rapport à la dette allemande, considérée comme plus sûre, se ‌creuse à nouveau pour évoluer à 160 points de base.

Le rendement de l'OAT reste toutefois inférieur à la barre des 5%, un seuil qu'il a franchi la semaine dernière ​pour la première fois depuis l'été 2002, ‌un niveau révélateur de la vigilance accrue dont font preuve les investisseurs à ⁠l'égard d'une France aux prises avec un déficit élevé et une incertitude politique croissante.

"La discussion du budget 2027 n'est pas finie, mais à ce stade il ne laisse guère entrevoir de voie pour remettre le budget dans ⁠une trajectoire plus soutenable", écrivent ‌mardi les analystes de LBP AM.

Ils soulignent que certaines mesures importantes d'économies, notamment sur ⁠les retraites, ont été rejetées par les députés et que la difficulté à arriver à des compromis entre forces ‌politiques "ouvre la voie à un passage en force par le gouvernement, en utilisant par exemple l'article ⁠49-3 de la constitution".

La situation politique n'en est pas moins tendue à l'approche ⁠de l'élection présidentielle de 2027 ‌et alors que le gouvernement peine à mettre fin au vaste mouvement de contestation des lycéens et des étudiants, ​qui appellent à continuer la mobilisation malgré certaines concessions ‌annoncées lundi par le ministre de l'Éducation nationale.

Les investisseurs craignent surtout que les mouvements sociaux ne compliquent encore davantage la réduction des déficits, ​un scénario que le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a écarté en appelant lundi, dans le Financial Times, à apaiser les manifestants sans recourir à des dépenses supplémentaires.

Le coût de la vie reste par ailleurs ⁠l'une des principales préoccupations des Français, ce qui s'est traduit par une baisse de la confiance des ménages à son plus bas niveau depuis juin 2013, selon une enquête publiée mardi par l'Insee.

L'OAT avait pourtant bénéficié lundi du maintien, inattendu, de la note de crédit de la France à "Aa3" par l'agence de notation Moody's, son rendement ayant ensuite baissé d'environ 11 points de base pour enregistrer son plus fort recul quotidien depuis mai.

(Rédigé par ​Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)