Le redressement du Sri Lanka menacé par la guerre au Moyen-Orient, prévient le FMI
information fournie par Boursorama avec AFP 28/05/2026 à 17:50

( AFP / MANDEL NGAN )

Le redressement du Sri Lanka après sa pire crise économique est menacé par la guerre au Moyen-Orient, a averti jeudi le FMI, au lendemain du versement d’une tranche d’aide de 695 millions de dollars.

Les réformes économiques sévères mises en œuvre depuis le défaut de paiement du Sri Lanka, en 2022, ont placé le pays dans une meilleure position pour faire face à cette nouvelle crise, a déclaré à Washington le chef de mission du FMI, Evan Papageorgiou.

"La guerre au Moyen-Orient et les conséquences du cyclone Ditwah (en novembre) pèsent sur l’économie et ont nettement accru les risques baissiers", a déclaré M. Papageorgiou.

La flambée des prix du pétrole liée à la guerre, lancée par les États-Unis et Israël le 28 février, a fortement affecté de nombreux pays asiatiques dépendants des importations, dont le Sri Lanka.

L’île a obtenu début 2023 un plan de sauvetage de 2,9 milliards de dollars sur quatre ans après des mois de pénuries aiguës l’année précédente, qui avaient provoqué des manifestations de rue entraînant la chute du président de l’époque, Gotabaya Rajapaksa.

Le programme du FMI a contraint l’île à augmenter les impôts, réduire les subventions et adopter des lois anticorruption strictes afin de stabiliser l’économie et restructurer sa dette extérieure.

Selon M. Papageorgiou, les réformes économiques ont porté leurs fruits et le Sri Lanka est désormais dans une position bien plus solide pour affronter la crise actuelle, mais il doit maintenir le cap et "préserver les acquis durement obtenus".

L’île se remettait du cyclone de novembre, qui a fait 643 morts et causé environ 4,1 milliards de dollars de dégâts aux infrastructures, lorsque le conflit au Moyen-Orient a éclaté en février.

Dans le même temps, le pays a bénéficié l’an dernier d’une "manne" de recettes douanières issues des importations de véhicules, de nouveau autorisées après une interdiction de cinq ans, a-t-il ajouté.

"Les recettes budgétaires exceptionnellement élevées de l’an dernier s’expliquent principalement par l’importante manne provenant des droits de douane et taxes à l’importation sur les véhicules, ainsi que par une sous-utilisation de certaines dépenses d’investissement", a déclaré M. Papageorgiou.

Il a exhorté les autorités à élargir l’assiette fiscale et à garantir un système de collecte des recettes plus représentatif.

Le FMI prévoit que la croissance du Sri Lanka ralentira cette année à 3%, contre 5% en 2025, tandis que l’inflation devrait rester dans une fourchette cible d’environ 5%.

Le FMI a approuvé mercredi deux étapes du programme de prêt accordé au Sri Lanka, rendant immédiatement disponibles 695 millions de dollars de prêts supplémentaires.

Il s’agit de la dernière tranche du plan de sauvetage de trois milliards de dollars sur quatre ans accordé au pays.