Le procès de l'élève meurtrier de l'enseignante Agnès Lassalle s'ouvre à Pau information fournie par AFP 21/04/2026 à 11:32
Le procès de l'élève meurtrier d'Agnès Lassalle, professeure d'espagnol poignardée dans sa classe en 2023 à Saint-Jean-de-Luz, s'est ouvert mardi, à huis clos, devant la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques qui débattra notamment de la responsabilité pénale de l'accusé.
Le 22 février 2023, cette femme de 53 ans qui enseignait depuis 1997 au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin a été tuée d'un coup de couteau à la poitrine porté par l'adolescent.
A 09H45 ce jour-là, le garçon, alors âgé de 16 ans, se lève, verrouille la porte de la salle et se retourne avant d'aller frapper Agnès Lassalle au niveau du coeur avec un couteau de cuisine "d'un coup sec", selon les témoins de la scène qui prennent la fuite.
Le jeune accusé, grand et corpulent, est entré entièrement vêtu de noir dans le box mardi matin. Dans la salle ont pris place ses parents, mais aussi les proches d'Agnès Lassalle, dont ses soeurs, ses parents et son compagnon, Stéphane Voirin, qui avait ému le pays en dansant, seul, devant son cercueil.
Vêtu d'un tee-shirt noir avec une photo du couple en train de danser, il a expliqué n'avoir "aucun désir de vengeance" mais espère que le procès ne se "limitera pas" à une bataille d'experts, "parce que le dossier est autrement plus conséquent".
L'accusé, aujourd'hui âgé de 19 ans, a notamment expliqué qu'une "petite voix" l'aurait incité à "faire le mal". Les expertises psychiatriques réalisées pour évaluer sa responsabilité pénale s'avèrent contradictoires.
L'une écarte tout "trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli ou altéré son discernement ou le contrôle de ses actes", une autre parle d'un discernement "légèrement altéré", quand un dernier rapport remis en novembre 2024 le juge "aboli".
"Nous devons tenter de cerner ce qui a pu favoriser le passage à l'acte d'un jeune homme qui jusque-là n'avait jamais fait parler de lui (...) non pour pardonner, non pour justifier mais pour comprendre comment un élève sans histoire a pu devenir un meurtrier", a déclaré son avocat, Me Thierry Sagardoytho.
L'adolescent était suivi pour une dépression grave et prenait un traitement anti-dépresseur, de la Sertraline, déconseillé aux moins de 18 ans, mais "l'un des plus prescrits chez les adolescents en France", a relevé un expert pharmacologue mandaté pendant l'instruction.
Poursuivi pour assassinat, il avait récupéré le couteau la veille chez son père, l'enroulant dans du papier essuie-tout et le glissant dans son sac pour aller au lycée le lendemain.
Mardi, sur France 2, le ministre de l'Education Edouard Geffray a évoqué un "drame qui avait bouleversé la communauté éducative" et une bataille collective "pour faire reculer la violence". Une minute de silence avait été observée dans les établissements scolaires, un peu plus de deux ans après l'assassinat de Samuel Paty.
Huit mois plus tard, un autre professeur, Dominique Bernard, avait été poignardé à mort devant son établissement par un ancien élève fiché pour radicalisation islamiste.
L'AFP a recensé une dizaine de meurtres de professeurs depuis une quarantaine d'années dans le cadre de leur fonction.