Les pratiques illégales du Daily Mail étaient "systématiques", accuse l'avocat du prince Harry
information fournie par AFP 19/01/2026 à 14:20

Le prince Harry (d) arrive à la Haute Cour de Londres, le 19 janvier 2026, avant le procès qui l'oppose, ainsi que six autres plaignants, à un grand groupe de presse britannique ( AFP / Toby Shepheard )

Le tabloïd Daily Mail a eu recours à des pratiques illégales de manière "systématique" pour obtenir des informations sur la vie privée du prince Harry et d'autres personnalités, a accusé lundi leur avocat au premier jour d'un procès devant la Haute Cour de Londres.

Le fils cadet du roi Charles III, qui vit en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, mène depuis plusieurs années une bataille contre la puissante presse à scandale britannique.

Le prince de 41 ans est arrivé souriant lundi matin à la Haute Cour, en costume bleu marine, puis a pris place dans la salle d'audience.

Sept personnalités attaquent Associated Newspapers Limited (ANL), éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday: aux côtés de Harry figurent notamment le chanteur Elton John et son époux David Furnish, ainsi que les actrices Elizabeth Hurley et Sadie Frost.

Il y a eu "un recours manifeste, systématique et continu à la collecte illégale d'informations tant au Daily Mail qu'au Mail on Sunday", a dit à l'ouverture du procès leur avocat, David Sherborne. Ces pratiques ont eu lieu pendant "au moins deux décennies".

Ces tabloïds ont employé des détectives privés pour écouter des appels téléphoniques, obtenir des informations privées comme des factures téléphoniques détaillées ou des dossiers médicaux, des relevés bancaires, principalement entre 1993 et 2011, mais encore en 2018, selon les avocats des plaignants.

L'actrice britannique Elizabth Hurley arrive à la Haute Cour de Londres, le 19 janvier 2026 avant le procès opposant le prince Harry, et d'autres plaignants de renom à un grand groupe de presse britannique ( AFP / Brook Mitchell )

ANL rejette catégoriquement les accusations, qu'il qualifie d'"absurdes".

"Ils ont juré qu'ils étaient irréprochables (...) mais ils savaient qu'ils avaient des cadavres dans leurs placards!" a accusé David Sherbone.

L'avocat a affirmé que de nombreux documents avaient été détruits, notamment des factures pour des détectives privés. Mais il a dit avoir des "preuves irréfutables".

La défense aura la parole à partir de mardi. Dans des documents écrits, l'avocat d'ANL, Antony White, a affirmé que les plaintes avaient été déposées trop tardivement.

Il est "frappant de constater qu'aucun des articles n'avait fait l'objet d'une plainte au moment de leur publication", a-t-il écrit.

Selon la défense, les fuites venaient de l'entourage des personnalités.

- Animosité -

L'actrice britannique Sadie Frost (d) arrive à la Haute Cour de Londres, le 19 janvier 2026 avant le procès opposant le prince Harry, et d'autres plaignants de renom à un grand groupe de presse britannique ( AFP / Toby Shepheard )

Selon le calendrier d'audience, le prince Harry va témoigner jeudi, comme il l'avait fait en 2023 contre MGN, l'éditeur du Daily Mirror.

Il était alors devenu le premier membre de la famille royale à déposer à la barre lors d'un procès en plus de cent ans.

Harry, qui tient les paparazzi pour responsables de la mort de sa mère Diana en 1997 à Paris, nourrit une forte animosité contre la presse à scandale britannique.

Il s'agit selon son entourage de la dernière bataille judiciaire intentée par le prince contre des éditeurs de tabloïds et leurs pratiques illicites.

En 2023, le prince avait obtenu la condamnation de l'éditeur du Daily Mirror pour des articles issus du piratage de messageries téléphoniques et reçu des dommages et intérêts à hauteur de 140.600 livres sterling (162.290 euros).

Dans ce procès, il avait dénoncé à la barre les pratiques "ignobles" de certains journaux et parlé de sa "paranoïa" face aux intrusions dans sa vie privée. "J'ai connu l'hostilité de la presse depuis que je suis né", avait-il déclaré.

Des unes de quotidiens britanniques rapportant que le prince Harry, duc de Sussex, et son épouse Meghan, duchesse de Sussex, envisagent de renoncer au rôle de membres seniors de la famille royale, le 9 janvier 2020 à Londres ( AFP / Daniel LEAL )

Il y a un an, il avait obtenu un dédommagement ainsi que des excuses du propriétaire du Sun. Cet accord avec le groupe News Group Newspapers (NGN) de Rupert Murdoch avait permis d'éviter un procès de plusieurs semaines.

Harry, qui avec Meghan s'est mis en retrait de la famille royale en 2020 après un départ fracassant du Royaume-Uni, ne devrait pas voir son père lors de son passage à Londres.

Harry et Charles se sont vus en septembre lors d'une rencontre brève, leur première depuis un an et demi.

Le prince avait confié en mai 2025 à la BBC qu'il "aimerait beaucoup (se) réconcilier avec (sa) famille", en particulier avec son père, âgé de 77 ans et atteint d'un cancer dont la nature n'a pas été dévoilée.

Selon l'agence de presse PA, ils sont désormais en contact régulier.