Le PNF ouvre une enquête sur les "présents" de Dominique de Villepin, qui se dit serein information fournie par Reuters 20/05/2026 à 15:31
Le Parquet national financier (PNF) annonce mercredi avoir ouvert une enquête préliminaire pour "recel de détournements de fonds publics" sur l'acquisition d'une statuette et d'un buste de Napoléon reçus en cadeaux par Dominique de Villepin alors qu'il était ministre des Affaires étrangères (2002-2004).
L'enquête a été ouverte mardi, précise dans un communiqué le procureur de la République financier, Pascal Prache.
"Le PNF a ouvert une enquête préliminaire, sur la base des éléments portés à sa connaissance, des chefs de recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes", est-il indiqué.
"Cette enquête porte sur les conditions dans lesquelles une statuette et un buste auraient été offerts à Dominique de Villepin, alors qu'il était ministre des affaires étrangères entre les années 2002 et 2004, puis conservés par celui-ci", ajoute le communiqué.
L'entourage de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a déclaré que celui-ci se tenait "sereinement à la disposition" de la justice.
"Le PNF n'aura aucune difficulté à faire la lumière sur cette affaire", a-t-il réagi.
Dans l'émission "Complément d'enquête" sur France 2 diffusée le 30 avril, l'avocat franco-libanais Robert Bourgi, proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy et dont l'inimitié envers Dominique de Villepin est notoire, affirmait avoir servi d'intermédiaire pour l'octroi de ces présents dont il estime la valeur globale à 125.000 euros.
"MANOEUVRES"
Le buste de Napoléon, estimé à 75.000 euros, aurait été offert par l'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, la statuette, évaluée à 50.000 euros, par un homme d'affaires italien, Gian Angelo Perrucci.
Face à la polémique, l'entourage de Dominique de Villepin, qui dénonce des "manoeuvres", a fait savoir le 4 mai que l'ancien ministre avait fait don au ministère des Affaires étrangères des deux oeuvres "reçues à l'occasion d'anniversaires au début des années 2000 de la part de Robert Bourgi".
L'entourage de Dominique de Villepin affirme en outre que leur valeur réelle est "quatre à cinq fois inférieure" après expertise.
Dominique de Villepin, qui ambitionne de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, accuse Robert Bourgi - à l'origine de la chute de François Fillon en 2017 pour avoir révélé lui avoir offert des costumes d'une valeur de 13.000 euros - de règlements de comptes politiques.
Son entourage dénonce une tentative de la part de cette figure de la "Françafrique" de "dresser un écran de fumée au moment où Nicolas Sarkozy fait de nouveau face à la justice". L'ancien président est en procès devant la cour d'appel de Paris dans l'affaire dite du financement libyen de sa campagne électorale vctorieuse de 2007.
"Moi, j'en veux personnellement à Dominique de Villepin, parce que dernièrement quand il a dit que Nicolas Sarkozy était un justiciable comme un autre, je ne l'ai pas apprécié", a expliqué Robert Bourgi dans "Complément d'enquête". Avant d'ajouter : "Je ferai tout pour l'empêcher d'aller à l'Élysée."
(Rédigé par Sophie Louet avec Elizabeth Pineau, édité par Bertrand Boucey)