Le patron de l'AIEA ne dément pas des divergences internes sur Fukushima
information fournie par Reuters 07/07/2023 à 04:31

par Sakura Murakami et John Geddie

TOKYO, 7 juillet (Reuters) - Le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déclaré vendredi qu'un ou deux membres de la délégation d'experts internationaux chargée du rapport d'analyse de sûreté sur le projet du Japon pour les eaux contaminées de la centrale nucléaire sinistrée de Fukushima pourraient avoir exprimé leurs inquiétudes.

A la question de savoir s'il y avait eu des désaccords parmi les experts ayant rédigé le rapport, fruit d'un travail de deux ans et dans lequel l'AIEA a donné mardi son feu vert au projet de Tokyo de rejeter les eaux contaminées de Fukushima dans l'océan Pacifique, Rafael Grossi a dit avoir "entendu cela".

Aucun des experts, issus de 11 pays dont la Chine, qui figure parmi les principaux détracteurs du projet du Japon, n'a exprimé des inquiétudes directement auprès de lui, a-t-il ajouté dans un entretien à Reuters, sans en dire davantage sur la façon dont il avait eu vent de la situation.

"Mais, encore une fois, ce que nous avons publié est scientifiquement impeccable", a-t-il déclaré.

Rafael Grossi a indiqué que le rapport n'était pas un endossement du projet du Japon, auquel il appartient de prendre la décision finale sur le rejet des eaux contaminées dans l'océan Pacifique - un processus programmé pour durer trois à quatre décennies et qui pourrait débuter le mois prochain.

"Nous ne soutenons pas ce projet et ne recommandons pas que cela soit mis en oeuvre. Nous disons que ce projet est conforme aux normes", a-t-il déclaré, notant que les normes étaient les mêmes pour tous et que l'AIEA ne prenait partie pour aucun pays.

La Chine a fermement dénoncé le rapport de l'AIEA, estimant que l'agence onusienne n'aurait pas dû approuver un projet qui représente selon elle une menace pour la faune marine et la santé humaine. Le Japon et l'AIEA assurent que l'impact environnemental sera négligeable.

Mise sur pied en 2021, la commission chargée d'analyser le projet de Tokyo est composée notamment d'experts venant d'Argentine, Australie, France, Corée du Sud, Royaume-Uni, Etats-Unis et Russie.

(Reportage Sakura Murakami et John Geddie; version française Jean Terzian)