Le Parlement européen donne son feu vert final à l'accord commercial avec Trump information fournie par AFP 16/06/2026 à 14:49
Le Parlement européen a approuvé définitivement mardi l'accord commercial conclu l'an dernier entre l'UE et Donald Trump, dans l'espoir d'apaiser les relations transatlantiques après des mois de tensions.
Les députés, réunis à Strasbourg, ont approuvé à une large majorité (440 voix contre 151, et 50 abstentions) un texte supprimant les droits de douane appliqués dans l'UE sur la plupart des produits industriels et agricoles en provenance des États-Unis.
Il s'agit du principal engagement pris l'été dernier par les Européens à Turnberry, en Écosse, en échange du plafonnement à 15% des taxes imposées l'an dernier par le président américain sur les importations européennes.
"Grâce à cette étape majeure, nous ne sommes plus qu'à quelques jours de tenir notre engagement", et la mise en œuvre de cet accord "va apporter de nombreux bénéfices aux citoyens et aux entreprises", a salué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un message sur X.
Crises à répétition
Les eurodéputés, qui jugeaient cet accord négocié par Bruxelles trop déséquilibré, ont surmonté leurs réserves après avoir négocié plusieurs garde-fous, pour protéger les intérêts européens face à Donald Trump.
Car les parlementaires ont été échaudés par les crises à répétition avec le président américain depuis son retour à la Maison Blanche: menaces d'annexion du Groenland, attaques répétées contre les règles numériques et environnementales européennes, sanction contre l'ancien commissaire Thierry Breton, taxes punitives sur l'automobile et l'acier...
Et il continue de brandir la menace des droits de douane pour tenter de faire plier l'UE.
Avant sa venue au G7 à Evian, il a remis le couvert en menaçant de surtaxer le champagne et les autres vins français , si Paris ne renonçait pas à sa taxe sur les services numériques.
Dans un compromis négocié en mai avec les États membres, les eurodéputés ont obtenu une clause de caducité (ou "sunset clause"), qui prévoit l'expiration automatique de l'accord commercial fin 2029, après la fin du mandat de Donald Trump, à moins qu'une prolongation ne soit votée d'ici là.
La Commission pourra en outre suspendre le pacte douanier si Donald Trump ne supprime pas d'ici la fin de l'année les surtaxes de 50% qu'il a imposées sur des centaines de produits contenant de l'acier et de l'aluminium.
Quête de stabilité
Grâce à ces garde-fous, "nous avons mis en place un solide filet de sécurité pour protéger les entreprises et les citoyens européens", a salué l'eurodéputé allemand Bernd Lange (S&D), principal artisan de ce compromis.
"Nous avons la garantie que si les États-Unis ne respectent pas l'accord, nous pourrons répliquer", a-t-il souligné.
Le PPE (droite), plus grand groupe au Parlement européen, a voté en faveur de l'accord, au nom de la préservation des échanges commerciaux gigantesques entre l'UE et les États-Unis.
"C'est un choix stratégique qui va renforcer notre partenariat transatlantique, protéger les emplois et renforcer nos industries", s'est réjouie l'élue croate Zeljana Zovko, chef de file du PPE sur le Commerce.
"Je suis fière que nous ayons tenu tête face aux manœuvres coercitives de Trump", a estimé Karin Karlsbro (Renew, centre), estimant que ce vote apportait "une base de stabilité, face au chaos que Trump continue de semer".
Les garanties obtenues n'ont cependant pas levé toutes les oppositions, notamment à gauche.
"C'est une véritable humiliation pour l'Union européenne. Une fois de plus, on se couche devant les États-Unis", avait dénoncé Emma Fourreau (La Gauche).
L'extrême droite était quant à elle partagée, le groupe ECR (Conservateurs et réformistes) s'étant déclaré en faveur du texte, quand les Patriotes pour l'Europe avaient dénoncé une "capitulation".
Les 27 États membres, dont l'approbation est également requise, ont quant à eux endossé provisoirement dès fin mai le compromis trouvé avec le Parlement.
Après ce feu vert définitif des députés, ils n'ont plus désormais qu'à donner leur approbation formelle pour que la ratification soit achevée.
De quoi respecter l'ultimatum fixé par Donald Trump, qui avait donné aux Européens jusqu'au 4 juillet, jour des célébrations des 250 ans des États-Unis, pour tenir leurs engagements.