Le pacte de défense entre Turquie, Pakistan et Arabie saoudite rappelle l'article 5 de l'Otan, selon un ministre
information fournie par Reuters 08/08/2026 à 21:14

(Actualisé avec détails)

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré samedi que le pacte de défense signé entre la Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite équivalait techniquement à l'article 5 de l'Otan relatif à la défense mutuelle, ajoutant que cet accord ne visait pas l'Iran.

Selon Hakan Fidan, le président turc Tayyip Erdogan souhaite voir l'alliance s'élargir et l'Égypte figure au nombre des candidats potentiels à une adhésion.

Les puissances régionales ont signé vendredi "l'Accord de défense commune de La Mecque" qui réunit les alliés sunnites des États-Unis inquiets de l'embrasement régional qui expose les pays exportateurs de pétrole du Golfe à des tirs de missiles iraniens.

Dans un communiqué conjoint, les trois pays précisent que l'accord vise à renforcer la dissuasion collective face à tout acte d'agression et stipule qu'une attaque armée contre l'un d'eux serait considérée comme une attaque contre tous.

Dans un entretien l'agence de presse publique Anadolu, Hakan Fidan assure cette nouvelle alliance n'est dirigée ni contre l'Iran ni contre aucun autre pays, mais qu'elle constitue plutôt un engagement général à soutenir la sécurité des trois alliés.

Il ajoute que les alliés détermineront, par voie de consultation, le degré, la forme et le format du soutien sollicité en cas d'attaque, tout en précisant qu'aucun pays ne serait considéré comme une menace tant qu'aucun État membre ne serait attaqué.

COMITÉ MINISTÉRIEL ET SECRÉTARIAT GÉNÉRAL

La Turquie, qui possède la deuxième armée la plus importante de l'OTAN, a précisé que le pacte était ouvert à d'autres pays de la région et n'avait vocation à se substituer aux alliances existantes.

"L'OTAN est une vaste alliance militaire regroupant 32 pays. Nous avons débuté ici à trois et nous devons avancer par étapes très modestes mais concrètes", a-t-il déclaré, précisant que les efforts visant à finaliser le pacte duraient depuis deux ans et huit mois.

Il a ajouté qu'un comité ministériel, similaire à celui de l'OTAN, serait mis en place dans le cadre de cette alliance, et qu'un secrétariat général serait installé en Arabie saoudite. Les modalités opérationnelles seront définies lors de la première réunion du comité.

"La vision de notre président est de ne pas nous limiter à trois pays, mais de nous développer et de rassembler tous les pays (de la région) sous cette même bannière", a-t-il dit, ajoutant que l'Égypte pourrait potentiellement rejoindre le pacte une fois certaines questions techniques résolues.

Ces derniers mois, la Turquie, l'Arabie saoudite, le Pakistan et l'Égypte se sont regroupés pour traiter des questions régionales, notamment la guerre impliquant l'Iran.

La Turquie a indiqué que ce groupe — baptisé "R4" — visait à consolider son partenariat grâce à des mécanismes concrets.

Hakan Fidan a également déclaré que la Turquie devrait participer à une coalition internationale visant à protéger la navigation en mer Rouge contre les attaques des Houthis, car la sécurité du transport maritime est dans l'intérêt d'Ankara.

(Reportage de Tuvan Gumrukcu ; Version française Elizabeth Pineau)