Le Népal reprend ses opérations de sauvetage, sollicite une aide et des milliards de dollars
information fournie par Reuters 29/08/2026 à 21:36

* Le Népal demande une aide technique étrangère

* Des corps retrouvés et impossibles à identifier

* Quatre à cinq milliards de dollars pour la reconstruction

* Le risque lié au lac entre le Népal et le Tibet diminue

(Actualisé avec bilan)

par Gopal Sharma, Saurabh Sharma, Sahana Bajracharya et Liz Lee

Le Népal a repris samedi les opérations de recherche et de sauvetage après une brève interruption due aux conditions météorologiques alors que près de 3.000 personnes sont toujours portées disparues à la suite d'une inondation dévastatrice qui a fait des centaines de morts et ravagé une région limitrophe du Tibet.

Le Népal , qui compte 30 millions d'habitants, a sollicité l'aide de spécialistes étrangers et son ministre des Finances a déclaré à Reuters qu'il aurait également besoin d'environ 4 à 5 milliards de dollars pour se reconstruire après la catastrophe.

Provoquée par l'effondrement d'un glacier, une coulée de roches, de glace, de boue et de débris s'est déchaînée mercredi dans les cours d'eau de montagne, tuant au moins 669 personnes au Népal et sept au Tibet chinois, et emportant sur son passage des bâtiments, des ponts et des centrales électriques.

Près de 3.000 personnes sont toujours portées disparues, dont environ 2.426 au Népal et 554 dans le comté de Gyirong au Tibet, parmi lesquelles au moins 540 ressortissants étrangers, pour la plupart des pèlerins hindous venus d'Inde.

DES CORPS DÉCOMPOSÉS ET MÉCONNAISSABLES

Les opérations de recherche et de sauvetage ont été temporairement suspendues en raison de la pluie et du brouillard, mais elles ont repris dans le courant de l'après-midi, a déclaré un officier de police du district de Rasuwa, l’un des plus touchés.

"Les hélicoptères survolent la zone et l'opération a repris suite à une légère amélioration des conditions météorologiques”,

a-t-il déclaré, sous couvert d'anonymat.

Les autorités avaient également suspendu les opérations de sauvetage vendredi lorsqu'un lac, formé à la frontière entre le Népal et la Chine à la suite des inondations, avait commencé à déborder dans les rivières népalaises Lhende Khola et Trishuli.

Samedi, le risque s'était atténué et certaines parties du lit du lac étaient visibles, ont indiqué les autorités chinoises et la chaîne publique CCTV. Des images satellites suggéraient que l'eau s'écoulait lentement du lac, réduisant progressivement sa taille, a rapporté CCTV.

Ce lac est l'un des deux situés en amont de la zone inondée et surveillés par le Népal. Les risques d'inondation persisteront jusqu'à ce que les deux se soient entièrement vidés, a averti un responsable.

Trois jours après la catastrophe, les autorités ont indiqué que certains corps repêchés étaient dans un état de décomposition tel qu'ils étaient méconnaissables. Ils seront inhumés après l'accomplissement des formalités légales en raison des risques sanitaires et de la crainte d'épidémies.

"Des échantillons d'ADN seront prélevés, puis les corps seront enterrés dans un espace ouvert", a indiqué l'administration du district de Chitwan dans un communiqué.

LES FAMILLES À LA RECHERCHE DES DISPARUS

À Katmandou, les familles des personnes disparues se sont rassemblées devant le campus médical de Maharajgunj, où certains corps avaient été transportés. Beaucoup ont tenté d'identifier des proches à partir des photos des corps affichées sur les portails et les murs d'enceinte.

En Malaisie, les familles de 91 citoyens répertoriés comme "injoignables" au Tibet et au Népal attendaient également des nouvelles.

Manivannan Rethinam, représentant de certains d'entre eux, a exhorté le ministère des Affaires étrangères à mettre en place un canal de communication permettant d'obtenir des informations plus rapidement, affirmant que le manque d'informations était "profondément douloureux" pour les proches en attente de nouvelles.

Le ministère indien des Affaires extérieures a déclaré que 275 ressortissants indiens manquaient à l'appel.

Le ministère des Affaires étrangères de la Malaisie a indiqué de son côté que les opérations de recherche, de sauvetage et de vérification se poursuivaient.

Pour les survivants, l'épreuve est loin d'être terminée, car ils doivent désormais reconstruire leur vie.

Saraswati Ghale, âgée 43 ans, a raconté que sa maison avait été détruite par les inondations. Elle se souvient s'être précipitée vers les hauteurs lorsque l'eau a déferlé, faisant trembler le sol "comme s'il y avait un tremblement de terre".

"Je n'ai plus rien (…) Je suis sauvée, mais qui sait comment les choses vont évoluer", a-t-elle déclaré.

(Reportage Gopal Sharma, Sahana Bajracharya, Saurabh Sharma, Navesh Chitrakar, Liz Lee, Yukun Zhang, Leong Huey Mun; rédigé par Sakshi Dayal et YP Rajesh; version française Claude Chendjou)