Le négociateur ukrainien Oumerov attendu à Bruxelles, avant les USA information fournie par Reuters 03/12/2025 à 16:03
Le négociateur ukrainien Roustem Oumerov se rend à Bruxelles mercredi pour des discussions avec des responsables européens avant d'aller aux Etats-Unis dans le cadre des échanges diplomatiques autour du plan américain visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, a déclaré le président Volodimir Zelensky.
Roustem Oumerov, secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine, doit rencontrer ses homologues européens pour discuter de la réunion qui s'est tenue mardi à Moscou entre les représentants de Washington et le président russe Vladimir Poutine.
"Ils discuteront aussi de la composante européenne de la nécessaire architecture de sécurité", a précisé le chef de l'Etat ukrainien, de retour à Kyiv après ses visites à Paris et Dublin, dans un message sur Telegram.
Après Bruxelles, Roustem Oumerov et le chef d'état-major des forces armées ukrainiennes Andrii Hnatov s'attelleront à préparer une réunion aux Etats-Unis avec les émissaires de Donald Trump, a ajouté Volodimir Zelensky.
L'envoyé spécial de la Maison blanche, Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, se sont entretenus mardi pendant cinq heures à Moscou avec Vladimir Poutine, sans faire selon le Kremlin d'avancée majeure en vue d'un éventuel accord.
Le Kremlin a affirmé mercredi que dans le cadre d'un processus normal de négociations, Vladimir Poutine avait accepté certaines propositions américaines, qu'il en avait rejeté d'autres, et que la Russie était prête à recevoir les négociateurs de Washington autant de fois que nécessaire pour parvenir à un compromis.
"Un échange direct de points de vue a eu lieu hier pour la première fois", a dit Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, rejetant l'idée selon laquelle Vladimir Poutine avait rejeté les propositions américaines. "Certaines choses ont été acceptées, certaines choses ont été déclarées inacceptables, c'est un processus normal de travail de recherche de compromis."
LE KREMLIN JUGE QUE L'AVANCÉE RUSSE JOUE SUR LES DISCUSSIONS
Dmitri Peskov a dit que la Russie était reconnaissante envers Donald Trump pour ses efforts diplomatiques mais que, par volonté de ne pas nuire aux discussions, le Kremlin n'allait pas commenter en permanence l'avancée des pourparlers avec les Etats-Unis.
"Le travail est actuellement accompli à un niveau technique", a-t-il déclaré. "C'est au niveau des experts que certains résultats doivent être obtenus et qui serviront ensuite de base à des contacts au plus haut niveau."
L'Ukraine et les Européens s'efforcent d'amender un plan initial présenté fin novembre par les Etats-Unis qu'ils jugent beaucoup trop favorable à la Russie.
L'un des principaux points en discussion porte sur l'ampleur des éventuelles concessions territoriales de l'Ukraine, confrontée à la progression lente mais régulière des forces russes sur le terrain et à des attaques de missiles et de drones toutes les nuits.
Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, a déclaré mercredi à des journalistes que cette avancée russe avait pesé sur la perception des événements par les négociateurs américains.
"Le cours et la nature des négociations ont, bien sûr, été influencés par les succès des dernières semaines (...) sur le champ de bataille", a-t-il dit.
"En d'autres termes, nos soldats russes, par leurs exploits militaires, ont contribué à une évaluation plus positive des voies vers un règlement pacifique de la part de nos partenaires étrangers", a ajouté le conseiller diplomatique du Kremlin.
Iouri Ouchakov a dit espérer que l'Ukraine et ses soutiens européens adoptent eux aussi "une attitude et une perception plus équilibrées de ce qui est en train de se passer".
L'Ukraine a pour sa part bombardé une nouvelle fois l'oléoduc Droujba dans la région de Tambov, dans le centre de la Russie, a dit mercredi à Reuters une source au sein du renseignement militaire ukrainien.
Dans le même esprit de tarir les ressources financières de la Russie, l'Union européenne a quant à elle décidé d'interdire progressivement d'ici fin 2027 ses importations de gaz russe.
(Tom Balmforth, avec Pavel Polityuk, Dmitry Antonov et Vladimir Soldatkin, Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour la version française, édité par Blandine Hénault)