Le moral des patrons allemands se dégrade encore en avril, miné par le conflit au Moyen-Orient information fournie par Boursorama avec AFP 24/04/2026 à 11:26
Le moral des entrepreneurs en Allemagne a baissé à nouveau en avril, tombant à son plus bas niveau depuis mai 2020, principalement à cause des conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, selon une enquête de l'institut ifo publiée vendredi.
L'indice du climat des affaires de l'institut ifo, très suivi par les entreprises, s'est élevé à 84,4 points ce mois-ci, en baisse de près de deux points par rapport au mois de mars, "les entreprises étant bien plus pessimistes concernant les prochains mois", selon un communiqué de l'ifo.
Les analystes de la plateforme Factset tablaient pratiquement sur la même diminution, à 84,5 points.
Selon Robin Winkler, économiste à la Deutsche Bank, cette dégradation montre "que les répercussions du conflit iranien sur l'économie allemande sont plus graves que ce que la plupart des économistes avaient prévu".
"A présent, ce ne sont plus seulement les anticipations qui se sont effondrées, la situation elle-même s'est détériorée plus nettement que prévu", note Jens-Oliver Niklasch, analyste de la banque LBBW.
Après deux années consécutives de récession, le PIB de la première économie européenne a légèrement crû en 2025, mais son modèle industriel et exportateur a été profondément remis en question par la hausse des prix de l'énergie depuis la guerre en Ukraine, la concurrence asiatique et un retard dans les nouvelles technologies.
Par ailleurs, le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran a conduit mercredi le gouvernement allemand à diviser par deux sa prévision de croissance pour 2026, à 0,5%.
Selon le communiqué de l'ifo, en avril, l'industrie manufacturière a été particulièrement touchée "en raison d'attentes nettement plus pessimistes, particulièrement dans l'industrie chimique".
Les entreprises manufacturières signalent "de plus en plus de goulots d'étranglement dans l'approvisionnement", causés par le blocage depuis plusieurs semaines du détroit d'Ormuz, point de passage clé des hydrocarbures à l'échelle mondiale.
"Comme aucune réouverture du détroit d'Ormuz ne se dessine après presque deux mois (...), il faut partir du principe que, malgré les prévisions déjà largement revues à la baisse pour l'économie allemande, les risques de détérioration continueront de prédominer", estime M. Niklasch.
Dans les secteurs des services, du commerce et de la construction, l'indice a aussi chuté, note l'institut ifo.