Le marché du travail américain se tient bien, à l'inverse des prix
information fournie par Boursorama avec AFP 05/06/2026 à 16:53

( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / ANDREW WEVERS )

Les États-Unis connaissent plusieurs mois d'affilée de solides créations d'emplois et un taux de chômage modeste, confirmés vendredi par les données officielles qui enchantent la Maison-Blanche.

En mai, 172.000 créations nettes d'emplois ont été enregistrées, surprenant les investisseurs qui en attendaient deux fois moins, selon les consensus.

Le taux de chômage est resté stable à 4,3%, ancré dans ce qui est considéré comme le niveau du plein emploi.

En parallèle, les créations d'emplois en mars et avril ont été revues à la hausse. Au total, la première économie mondiale a créé 93.000 emplois de plus pendant ces deux mois que ce qui avait précédemment été rapporté.

"Les entreprises américaines embauchent à nouveau", a salué dans une note l'économiste de la banque Navy Federal Credit Union, Heather Long.

Après une année 2025 morose en matière de créations d'emplois, "la reprise touche presque tous les secteurs, à l'exception des technologies et de la finance. C'est une nouvelle encourageante pour les demandeurs d'emploi et pour l'économie américaine", a ajouté Mme Long.

La Maison-Blanche s'est réjouie via un des porte-parole du président Donald Trump, sur X.

"L'économie américaine connaît clairement un élan positif grâce au programme économique du président Trump qui fait ses preuves", a écrit Kush Desai, ajoutant que l'exécutif était déterminé à "créer davantage d'emplois, augmenter les salaires et stimuler la croissance économique au profit du peuple américain dans les mois à venir".

- Priorité: inflation -

Ce sursaut sur le front du marché du travail intervient au moment où la présidence est mise sous pression par l'inflation qui s'accélère du fait de la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par Donald Trump avec Israël.

Les investisseurs s'attendent d'ailleurs à ce que la banque centrale américaine (la Réserve fédérale ou Fed) relève ses taux directeurs à la fin de l'année pour modérer les prix, selon l'outil de veille CME FedWatch.

Ce scénario déplairait fortement fortement à Donald Trump, qui réclame sans cesse une diminution des coûts d'emprunt.

Il vient de placer à la tête de la Fed Kevin Warsh, dont il ne cache pas attendre une baisse des taux.

La banque centrale est chargée à la fois de maintenir une inflation limitée à 2% et de garantir les conditions du plein emploi.

Si le marché du travail ne suscite plus d'inquiétude, la lutte contre l'inflation — qui a dérapé à 3,8% sur un an avec l'envolée des prix de l'essence — risque de devenir la priorité des banquiers centraux américains.

C'est déjà le cas pour plusieurs responsables monétaires. Face à l'inflation, "il pourrait bientôt s'avérer nécessaire d'agir" en relevant les taux directeurs, a récemment déclaré la présidente de la Fed de Cleveland Beth Hammack, qui vote cette année sur les taux américains.

"Si nous attendons d'être sûrs que l'inflation élevée soit durablement installée dans l'économie, cela pourrait nécessiter des ajustements plus importants de la politique monétaire, pour un coût accru", a-t-elle mis en garde.