Le marché crypto français entre dans l’âge adulte information fournie par Café de la Bourse 19/05/2026 à 10:03
Cinq ans après la première édition du baromètre ADAN-Ipsos sur l'adoption des crypto-actifs en Europe, un constat s'impose : les cryptomonnaies profitent maintenant d'une notoriété généralisée en France. Cependant, cela ne s'est pas encore traduit en adoption de masse. Focus sur les quelques points clés du Baromètre 2026 concernant la France.
Crypto-actifs : de la curiosité à la familiarité
La phase de découverte des crypto-actifs semble bel et bien terminée. La notoriété globale des actifs numériques se maintient à un haut niveau en France : 93 % des Français déclarent en avoir déjà entendu parler, un chiffre stable par rapport à 2025 (92 %) et en hausse de 16 points depuis 2022.
Le Bitcoin reste la porte d'entrée naturelle pour les néophytes, connu de 92 % de la population. Les NFT affichent une notoriété de 40 %, en léger recul après leur phase d'effervescence, tandis que les stablecoins plafonnent à 16 % — non par manque d'intérêt, mais plutôt par un manque de pédagogie sur des instruments encore perçus comme techniques.
Cette quasi-université de la notoriété des cryptomonnaies marque un tournant stratégique pour le secteur : l'objectif n'est plus la simple visibilité, mais l'éducation de la population afin de convertir leur curiosité en usage réel.
Les Français qui détiennent des cryptos allouent 14 % de leur épargne aux cryptos
En France, 11 % de la population déclare posséder des crypto-actifs aujourd'hui, contre 10 % en 2025. Une progression marginale qui montre surtout la consolidation d'une base d'utilisateurs fidèles : 7 % continuent d'acheter régulièrement des cryptos avec une intention de continuer les achats à plus de 92 %.
Si l'on ajoute les 3 % d'anciens détenteurs, 14 % des Français ont déjà acheté des cryptos. De plus, environ 32 % des non-détenteurs de cryptomonnaies envisagent désormais d'en acheter, ce qui pourrait soutenir le marché sur le moyen terme.
L'investisseur crypto français de 2026 : patient, occasionnel, pragmatique
Les détenteurs français ne jouent pas le tout-ou-rien. Le Baromètre 2026 déconstruit le mythe du crypto-investisseur impulsif. L'ADAN note en effet une prudence généralisée bien loin de « l'image d'un investissement irréfléchi ».
En moyenne, 14 % du montant de l'épargne globale des détenteurs est dédié aux actifs numériques avec un portefeuille très souvent (80 %) inférieur à 5 000 euros. De plus, près de 6 acquéreurs sur 10 réalisent moins d'une transaction par mois. Loin du trader frénétique, le détenteur français de 2026 gère ses cryptomonnaies de manière occasionnelle dans une logique de long terme.
Les crypto-actifs s'intègrent donc plutôt comme une poche de diversification dans un patrimoine plus large, aux côtés d'actions, d'assurance-vie, d'immobilier et de l'or parmi d'autres. Ce comportement témoigne d'une logique patrimoniale assumée, pas d'un pari spéculatif.
Côte profil type, les détenteurs demeurent majoritairement des hommes (70 %) avec une moyenne d'âge de 39 ans.
La percée de Solana dans les portefeuilles cryptos des Français
En 2026, les investisseurs particuliers affinent leur gestion de portefeuille en jonglant entre valeurs refuges et réseaux ultra-rapides et peu chers. Le marché reste dominé par le duo historique : le Bitcoin (BTC) confirme son hégémonie (détenu par 66 % des investisseurs), tandis qu'Ethereum (ETH) assoit sa position de second pilier avec 39 %.
Le Solana (SOL) crée la surprise en grimpant sur la troisième marche du podium. Détenu par 22 % des investisseurs cryptos français, l'actif signe une hausse spectaculaire de 9 points sur un an, illustrant l'intérêt croissant des investisseurs pour les infrastructures à haute performance.
Autodétention en recul : les Français préfèrent confier leurs cryptos à un tiers régulé
Les modalités de conservation évoluent aussi : 66 % des détenteurs passent désormais par des plateformes d'échange crypto[DK1] tierces régulées, soit une hausse de 9 points en un an, au détriment de l'autodétention pure via un portefeuille crypto personnel qui recule à 23 %.
Ce basculement s'explique certainement par la recherche de simplicité technique et la confiance accrue dans les cadres réglementaires. Ces derniers permettant une meilleure sécurité et protection des fonds des crypto-investisseurs, en particulier grâce au règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), qui renforce les exigences applicables aux Prestataires de Services sur Crypto-Actifs (PSCA) dans l'Union Européenne.