Le Japon critique les sanctions "regrettables" prises par Washington contre la CPI
information fournie par Reuters 19/08/2026 à 10:29

Le Japon a qualifié mercredi de "très regrettable" la décision américaine d'imposer des sanctions à la présidente japonaise de la Cour pénale internationale (CPI), Tomoko Akane, et à un haut procureur de l'institution.

Cette rare critique de Tokyo à l'égard de son allié fait suite à l'annonce mardi de Washington de sanctionner la juge japonaise ainsi qu'Abdoulaye Seye, un avocat sénégalais membre de l'équipe de la CPI qui avait requis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le Japon a toujours soutenu la CPI, qui est une cour pénale internationale permanente, dans ses efforts visant à poursuivre et à punir les crimes les plus graves qui préoccupent la communauté internationale", a déclaré le ministère japonais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Depuis l'an dernier, l'administration du président américain Donald Trump a pris un éventail de sanctions contre des responsables de la CPI, dont des procureurs et des juges, dénonçant les mandats d'arrêt émis à l'encontre de responsables israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés dans la bande de Gaza.

Cette escalade dans la campagne américaine contre la CPI place Washington en conflit direct avec Tokyo. Le Japon, qui s'appuie fortement sur la puissance militaire américaine pour sa défense, critique rarement les Etats-Unis.

Mais cette campagne de sanctions a également mis les États-Unis en désaccord avec leurs alliés européens.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, a déclaré sur X mercredi que les Pays-Bas, pays hôte de la CPI, s’opposaient aux dernières sanctions américaines.

Tomoko Akane avertissait en décembre que les sanctions américaines pourraient "compromettre rapidement le fonctionnement de la Cour dans toutes les situations et toutes les affaires, et mettre en péril son existence même".

Washington reproche également à la CPI, dont les Etats-Unis ne reconnaissent pas la légitimité, d'avoir enquêté sur des exactions présumées de l'armée américaine en Afghanistan.

Ces mesures gèlent tous les avoirs détenus aux États-Unis par les personnes visées et les excluent dans une large mesure du système financier américain, auquel la plupart des banques internationales sont étroitement liées.

(Rédigé par Tim Kelly et Satoshi Sugiyama; version française Etienne Breban, édité par Jean-Stéphane Brosse)