Le Japon assouplit les règles sur les heures supplémentaires, malgré les craintes de surtravail information fournie par Boursorama avec AFP 01/09/2026 à 08:05
Le Japon va assouplir à partir de mardi sa réglementation sur les heures supplémentaires, une mesure destinée à stimuler la croissance économique cependant critiquée comme un retour à la culture du surtravail, profondément ancrée dans le pays.
Ce changement reflète en partie les appels de certains secteurs économiques, confrontés à une pénurie de main-d'oeuvre, en faveur de modes de travail plus flexibles.
Le gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi, qui se décrit elle-même comme une bourreau de travail, avait adopté en juillet une stratégie de croissance appelant à une révision du contrôle des horaires de travail.
En vertu de la nouvelle règle, les bureaux d'inspection des normes du travail ne feront plus pression sur certaines entreprises pour qu'elles plafonnent les heures supplémentaires à 45 heures par mois.
Une enquête de la Chambre de commerce et d'industrie du Japon a montré en mai que cette pression "restreignait" l'activité d'environ 20% des petites et moyennes entreprises japonaises, en particulier dans des secteurs en sous-effectif comme la construction, les transports et l'hôtellerie.
Mais pour les opposants à ce changement, celui-ci revient à détricoter les efforts entrepris au fil des ans par le Japon pour moderniser une culture d'entreprise longtemps basée sur des journées "marathon".
Le pays a ces dernières années multiplié les efforts en faveur d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, notamment après le suicide en 2015 d'une salariée épuisée de 24 ans chez le géant de la publicité Dentsu.
"Il s'agit d'un changement inacceptable s'éloignant de la politique qui encourageait les entreprises à réduire le temps de travail", a déclaré dans un communiqué la Confédération nationale des syndicats de Tokyo, appelée Zenroren.
Selon le ministère du Travail, environ 40% des entreprises japonaises fonctionnent actuellement sous le régime d'accords spécifiques entre direction et salariés autorisant légalement jusqu'à 100 heures supplémentaires par mois.
Elles faisaient néanmoins l'objet de pressions de la part des autorités pour maintenir les heures supplémentaires sous le seuil de 45 heures mensuelles, car le dépassement de ce plafond peut accroître les risques de "karoshi" --décès dus au surmenage--, a indiqué à l'AFP un responsable du ministère du Travail.
Ces entreprises ne seront plus tenues de rester en dessous de la limite dans le cadre du nouveau système.
Cette possible évolution vers davantage de travail correspond à l'image de Mme Takaichi, raillée pour avoir "étalé" son dévouement au travail, écrivant en juillet sur X qu'elle ne dormait que "zéro à trois heures" par jour.
Le ministère du Travail souligne qu'il continuera à surveiller les entreprises afin de s'assurer qu'elles protègent le bien-être des salariés.