Le groupe de Dati claque la porte du dernier Conseil de Paris d'Hidalgo
information fournie par AFP 09/02/2026 à 17:12

La maire de Paris, Anne Hidalgo (C, en haut), tient le dernier Conseil municipal de sa mandature, le 9 février 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Les élus du groupe de Rachida Dati ont quitté lundi l'ultime séance du Conseil de Paris de la mandature d'Anne Hidalgo, pour dénoncer le "silence" de la majorité sur les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire.

"Le silence et le déni dans lesquels s'enferme l'exécutif sont d'une gravité sans précédent. À ce jour, aucune mesure d'urgence à la hauteur de la situation n'a été prise par la majorité de gauche sortante", estiment dans un communiqué les élus LR, MoDem et UDI menés par Rachida Dati, candidate aux municipales des 15 et 22 mars.

"Depuis des mois nous demandons une saisine de l'inspection générale de la ville, nous avons multiplié les interventions en séance et votre seule réponse a été +circulez y'a rien à voir+!", a tancé Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement, avant de quitter l'hémicycle avec la maire du 7e arrondissement et des autres conseillers de Paris du groupe.

La maire PS sortante Anne Hidalgo, qui venait d'ouvrir la séance de son dernier Conseil, au terme de douze ans de mandat, s'est insurgée contre cette "politique de la chaise vide".

"Peut-être que Madame Dati avait peur qu'on vienne l'interpeller sur son jugement le 16 septembre, sur le fait qu'elle s'accroche à son poste de ministre, qu'elle n'assume pas toutes ses casseroles dans cette élection ?", a-t-elle cinglé.

L'actuelle ministre de la Culture est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris en septembre 2026 pour corruption et trafic d'influence aux côtés de Carlos Ghosn. Des faits qu'elle conteste.

"Je trouve absolument scandaleux que dans cette élection qui vient, une des candidates soit concernée par une affaire très grave, et qui risque, si elle était élue, de devoir abandonner ses mandats", a ajouté Anne Hidalgo en conclusion de son discours d'adieu.

Elle a jugé "singulier que dans cette ville qui est un lieu de démocratie, de résistance, de combat pour l'Etat de droit, les Parisiens soient amenés à devoir départager des candidats dont une est dans une situation qui pourrait la conduire à ne pas assumer sa fonction".

"Et donc qui d'autre pour assumer sa fonction ? Les Parisiens ont droit à la vérité et à la transparence", a poursuivi l'édile socialiste, applaudie par sa majorité.